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L’heure de réitérer l’engagement pour la rupture

Le grand duel pour le confortable fauteuil de la Marina donne déjà les grands favoris du premier round. Si l’on doit imaginer le scénario Patrice Talon-Lionel Zinsou au second tour, l’appui de la coalition de la rupture sera inévitable. Avec l’effondrement des espoirs par endroit, doit-on toujours espérer la survie de cette coalition ?

Depuis hier, les coups de fil ont déjà démarré. La politique, c’est l’art de l’anticipation. Si Patrice Talon, appuyé par la coalition de la rupture, devra aller au second tour face à Lionel Zinsou, on sera obligé d’emprunter la fameuse phrase de Augustin Ahouanvoébla (sans doute soucieux ces derniers temps) : « le match est plié ». Mais, connaissant Yayi Boni, on peut parier que les choses ne seront jamais simples. Le turbo de Tchaourou n’hésitera pas à piocher certains artisans de la rupture. Il a l’art de jouer les troubles fait. Parier que la coalition ne sera pas éprouvée serait mal connaître l’homme. Le premier qu’il va essayer de convaincre sera Sébastien Ajavon. Si l’on reste dans l’hypothèse où l’homme d’affaires se retrouve en position de faiseur de roi, Yayi Boni n’hésitera pas à approcher son ennemi d’hier. Ce chef d’Etat a prouvé, par plusieurs fois, qu’il est prêt à toutes formes de concessions bancales s’il s’agit de faire échouer le plan de son ennemi numéro 1, Patrice Talon. La politique et le jeu des gros intérêts devront s’inviter pour conforter, comme récemment, l’homme d’affaires et le prier de suivre le candidat Fcbe Lionel Zinsou. Ç’aurait été le sacré coup du siècle. Jurer que ceci sera impossible sera un mauvais pari car, si Eric Houndété, opposant farouche et Adrien Houngbédji (qui ne mendie pourtant pas) ont été embarqués, Sébastien Ajavon, homme d’affaires ayant été approché, parait-il, à un moment donné, ne serait-il pas prêt à rééditer ? Difficile de répondre, mais l’hypothèse n’est pas à exclure. A imaginer que Sébastien Ajavon résiste au jeu de Yayi et reste ferme, la grande masse d’hommes politiques qu’il a embarqués ne va pas vraiment suivre sa logique. Valentin Aditi Houdé qui a déjà affiché son opposition à Talon sera-t-il prêt à soutenir ce candidat en cas de ralliement de son nouveau chef ? Sévérin Adjovi qui était dans un jeu subtilement flou sera-t-il prêt à soutenir Patrice Talon où rejoindra-t-il finalement Lionel Zinsou ? Rachidi Gbadamassi pourra-t-il soutenir Patrice Talon alors qu’il a chanté qu’il ne le soutiendra pas? Janvier Yahouédéhou, très proche de l’homme d’affaires qui a fait le choix de Ajavon à un moment donné, pourra-t-il revenir à la maison? Les anciens Fcbe farouches comme Sofiath Chanou, Christophe Aissi pour qui, il est aisé de se repentir, la versatile Claudine Prudencio qui n’était plus vraiment en odeur de sainteté avec Patrice Talon et bien d’autres ne vont-ils pas décider de quitter Ajavon (puisqu’il n’est plus vraiment un enjeu) pour Lionel Zinsou ? Le Bénin étant atypique par la particularité de ses hommes politiques, il ne faudra vraiment certifier de rien.

 Les autres candidats de la rupture, une coalition non écrite

 Pascal Irenée Koupaki, enfant toujours fidèle de Yayi, ne va-t-il pas être le premier à rompre les amarres avec la coalition de la rupture pour suivre Zinsou ? Robert Gbian qui n’a jamais affiché ouvertement une opposition à Yayi ne va-t-il pas faire volte-face ? Issifou Kogui Ndouro, aussi proche de Yayi, va-t-il préférer rester avec Talon ? Les autres farouches Fcbe qui ne sont pas dans la rupture telle que Nassirou Bako Arifari et Aké Natondé vont-ils accepter suivre Patrice Talon ? Il est vrai que les suffrages ne sont pas vraiment consistants, mais l’essentiel c’est l’impact recherché. Ces ralliements soutenus par la machine Fcbe ne seront pas vraiment inutiles. L’autre raison que pourront brandir les potentiels fugitifs de la coalition de la rupture, c’est que la messe entre ces candidats n’avait aucun support juridique. S’il est facile déjà pour le politicien béninois de revenir sur ce qu’il a lui-même signé, qu’en sera-t-il dans le cas contraire ? Tout ceci constitue du poison pour la coalition dite de la rupture qui, sans grande surprise, pourrait voler en éclat. Ce sera une fois encore un nouveau coup dur.

 La sanction du peuple sera sans appel

 Le vote de ce dimanche a prouvé, dans son ensemble, qu’il est très imprudent de calculer à l’insu du peuple. Adrien Houngbédji serait forcément en train d’apprendre à ses dépens. On n’est jamais assez vieux pour apprendre. Ce second tour des élections sifflera définitivement la fin de la carrière politique de bon nombre d’hommes politiques béninois. Toute erreur sera durement sanctionnée. A partir de cet instant, aucun candidat ou homme politique n’aura vraiment le choix. Il suffit pour Sébastien Ajavon (en position de faiseur de roi) de faire un mauvais choix et il est grillé à jamais. Pascal Irénée Koupaki se joue un peu et ce sera la descente aux enfers. Idem pour Abdoulaye Bio Tchané et beaucoup d’autres. Le peuple qui a voté ce dimanche a entre ses mains ‘’la hache de la censure’’ et ne reculera plus devant rien. Si ces candidats et politiques devront suivre ‘’leur nombril’’ et leurs égos au détriment de l’intérêt général, la surprise risque d’être très désagréable.

AT