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Ajavon, Yayi et Koutché, c’est terminé

La vision et le pragmatisme du chef de l’Etat lui font de plus en plus  engranger des soutiens politiques. Et pas des moindres et des plus étranges. De Barthélémy Kassa à François Abiola, en passant par Gbadamassi, Arifari-Bako, et Okounlola, la messe du yayisme semble avoir été déjà dite. Le requiem aussi Au-delà, c’est déjà une arme pour étouffer l’axe Yayi-Ajavon-Koutché.
Depuis quelques mois, il est étrange de remarquer le retour au devant de la scène politique d’anciens ministres, « yayistes »  bon  teint. Par exemple,  la semaine écoulée, lors de la tournée de vulgarisation du Pag  par le ministre d’Etat,  Abdoulaye Bio Tchané dans le Septentrion, ce sont les ministres Nassirou Bako-Arifari et Barthélémy Kassa qui,  ouvertement, ont  soutenu la politique  menée par le  gouvernement de Patrice Talon, notamment à travers la mise en œuvre du Pag.  La liste de ces  anciens apparatchiks  et barons  de la galaxie Yayiste , qui soutiennent actuellement le « Bénin révélé »  est longue. Or, pour avoir été, pour la plupart,  pendant les dix dernières années aux côtés du Prince de Tchaourou,  et parfois, au cœur du système,  on aurait pu penser qu’ils deviendraient des opposants radicaux à la politique de Patrice Talon.  Les sujets de divergences ne manquant pas, les différences de centres d’intérêts également. Mieux, par son agitation fébrile, l’ancien chef de l’Etat a donné l’impression, ces derniers mois,  de n’avoir pas encore totalement digéré sa lourde et inattendue défaite, ni d’avoir oublié les privilèges du palais. D’aucuns avaient supputé, surtout avec la montée au créneau de l’ex-argentier Komi Koutché, que l’axe Yayi-Ajavon-Koutché se met en place pour contrecarrer les visées du compétiteur-né.  Ce qui n’est pas à exclure.  L’échec du projet de révision constitutionnelle a pu aussi donner des idées aux uns et aux autres. Malheureusement, les coups de semonces et les prises de position affichées sur les questions d’actualité, entre-autres,  par le Professeur  François Abiola, le député Okounlola, ou par Barthélemy Kassa et Arifari Bako, sont ni plus ni moins, un véritable désaveu pour leur ancien mentor.  D’ailleurs, peu d’entre eux hésitent à montrer que la décennie écoulée était une horrible et moribonde parenthèse qui a fait reculer le pays sur tous les plans. On se souvient du célèbre mot d’un Rachidi Gbadamassi à l’endroit de Yayi Boni vers la fin de son 2ème mandat. « Yayi, c’est fini, c’est du passé », n’hésitait-il  pas  souvent à déclarer.  Aujourd’hui, les masques sont jetés, et l’on n’hésite plus à dénoncer les travers de l’ancien système pervers et erratique. De plus, ceux qui voulaient surfer sur une hypothétique vague de mécontentements des populations pour créer une fronde, ont vu leur dessein évanoui au plus tôt.
La méthode Talon émerveille
Au-delà de ces cas spectaculaires de revirement politiques, il est à interroger la personnalité de l’actuel chef de la l’Etat,  et de la qualité de son projet de société, son éthique et sa morale. Pour beaucoup d’observateurs, la différence fondamentale entre les deux systèmes, c’est que d’avance l’on sait où l’on va  avec Patrice Talon. Il y a dans le cas d’espèce, moins d’improvisations, et moins de déclarations politiques tendancieuses et pernicieuses.  Il y a également moins de mégalomanie, pas de culte de personnalité, les dispendieuses fêtes organisées par-ci et par-là. Et beaucoup d’orthodoxie, comme la sortie du ministre des Finances nous l’a démontré.  Face aux maires et préfets vendredi 4 mai 2017 par exemple, le président de la République, en présentant le projet du Grand Nokoué déclarait que « rien n’est politique », et que c’est l’amélioration du cadre de vie de ses mandants qui le préoccupait le plus. Ainsi, vaccinée par les errements et égarements  d’un passé récent, toute la classe politique semble comprendre que ce mandat est décisif et transitoire. L’objectif étant de corriger le tir, et d’effacer les avanies laissées dans la conscience des Béninois par le régime défunt. Ici, la porte étant largement ouverte, chaque chapelle politique est déterminée à y apporter sa pierre à l’édifice. Ce qui est de bonne guerre, et plutôt rassurant.

AT