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Le Secrétaire général du gouvernement,Tigri dans un mauvais rôle

Alassani Tigri, actuel Secrétaire général du gouvernement, a fait preuve de légèreté en rendant public le communiqué du Conseil des ministres. Epargnées les déviances du passé, on peut s’offusquer des récidives de l’homme. Sous aucun prétexte, il ne peut être admis qu’un cadre de ce rang produise et diffuse des documents administratifs, archivables qui stigmatisent et discriminent des régions.

Le Secrétaire général du gouvernement, Alassani Tigri, est-il obligé de céder à la volonté du président Yayi Boni, si c’était son souhait ? Si tel n’était pas le cas, c’est encore plus grave. S’il le fait de son propre gré pour faire plaisir au Patron Yayi Boni, c’est suicidaire. Alors, Mathieu Kérékou aurait eu raison de traiter certains cadres Béninois d’intellectuels tarés. Le Secrétaire général du gouvernement, Alassani Tigri, dont la nomination en janvier 2014, a suscité déjà moult réactions, en raison de ce qu’il lui est difficile de justifier le statut de cadre A1 de l’administration publique requis pour occuper ce poste, s’illustre d’une manière qui entache son honneur. L’homme se livre à un exercice trop difficile qui compromet sa réputation de cadre relevant de l’ancienne école. M. Tigri sait, mieux que quiconque, que dans un document purement administratif, comme celui du Conseil des ministres, il est indécent de citer des noms et de préciser leurs localités d’origine. Dans le compte rendu du Conseil des ministres en date du 23 juillet 2015, le Secrétaire général du gouvernement a fait l’effort d’insinuer des choses graves. Parlant des sociétés-écrans qui ont servi à faire évaporer des milliards de francs dans le sulfureux dossier Ppea 2 à la Direction générale de l’eau, Alassani Tigri établit l’appartenance régionale de« Rémi Codo du Couffo » et les liens de parenté de« Rock Gniré, beau-frère de Olivier Bocco ». Il faut d’abord faire remarquer que le secrétaire général n’a pas harmonisé le contenu du document sur le plan des compléments de nom. Dans le premier cas, il a donné l’appartenance régionale. Dans le deuxième cas, il fait référence à Olivier Bocco, en disgrâce avec le président Yayi Boni. En quoi ces précisions sont-elles utiles ou indispensables à la compréhension des faits délictueux mis à la charge de Rémi Codo et Rock Gniré ? Alassani Tigri accepterait-il qu’on traite ainsi ses frères de l’Atacora ou lui-même ? Il faut bien dire que cette approche visant à décrédibiliser une personne ou une région au moyen d’une autre est susceptible de provoquer des sentiments de révolte. On peut d’ores et déjà prédire la décision de la Cour constitutionnelle, si elle était saisie d’une requête en violation de la Loi fondamentale. Car, le traitement discriminatoire qui est fait de ce compte rendu du Conseil des ministres est totalement contraire à l’esprit de l’article 2 de la Constitution. Il dispose : « La République du Bénin est une et indivisible, laïque et démocratique… ». En l’état, les termes du compte rendu du Conseil des ministres produit par le Secrétaire général du gouvernement, Alassani Tigri, portent des germes de division. Et portant, il n’est pas obligé d’augmenter des compléments qui violent la Constitution. Même si le président de la République l’exige, Tigri peut évoquer la clause de conscience. Il peut aussi signifier au chef du gouvernement que son vœu n’est pas techniquement réalisable. Car, c’est bien le signataire, Alassani Tigri, qui répond de ces déviances et non le président.

 Jean-Claude Kouagou

 Un rapport à polémique, un Conseil des ministres déguisé

Selon le compte rendu du Conseil des ministres en date du jeudi 23 juillet 2015, le rapport d’audit du cabinet Kroll de renommée internationale a situé les degrés de responsabilité et les différentes implications dans le scandale financier relatif au programme Ppea 2 intervenu à la Direction générale de l’Eau. Le gouvernement n’a rien à reprocher au document qu’il a réceptionné et sur la base duquel, il a commencé par jeter la pierre aux mis en cause. Du ministre en charge de l’Eau au moment des faits aux collaborateurs en passant par les agents, les opérateurs économiques et d’autres, le gouvernement a indiqué qu’ils seront tous poursuivis. Certains seront radiés de la Fonction publique. D’autres seront mis à la disposition de la justice que l’Exécutif appelle, de tous ses vœux, à jouer son rôle. Le gouvernement veut montrer son engagement à lutter contre l’impunité. C’est le souhait de tous, à commencer par les Ong qui s’activent, depuis des années, dans le domaine de la bonne gouvernance. Mais, tout en montrant son engagement à lutter contre l’impunité, l’Exécutif a délibérément choisi de livrer certaines personnes que les enquêteurs ont identifiées comme faisant partie de la chaîne de corruption qui gruge l’Etat. De tous ceux qui ont été montrés du doigt et accusés de détournement de deniers publics à leur profit, l’Exécutif a traité deux cas avec l’intention de nuire et de noyer, dans l’eau, les poissons. Il s’agit des opérateurs économiques Rock Gniré et Rémi Kodo. Il a été mentionné dans le Conseil des ministres que le premier est originaire du Couffo et le second est le beau-frère de Olivier Bocco. Le gouvernement ne s’est pas occupé des autres, mais de ces deux opérateurs. D’où son intention d’acculer certains citoyens parce qu’étant d’une région et, d’autres, parce que, par la force des choses, partageant le même cercle parental que des personnes accusées d’avoir attenté à la vie du chef. Cette façon de voir les choses est la manifestation de l’étroitesse d’esprit de ce gouvernement qui protège les uns et livrent ceux qui ne partagent pas avec lui la même aspiration politique, la même religion, la même origine. La gouvernance Yayi a une propension à la discrimination, au régionalisme, à l’injustice, et surtout, elle s’emploie à voir le mal partout et chez les autres. Sinon, pourquoi avoir indiqué que tel est du Couffo et que tel autre est beau-frère de Olivier Boco ? Pourquoi doit-on être victime de son origine dans ce pays ? A quoi cela ressemble-t-il de créer un délit de parenté avec Olivier Boco ? Le gouvernement en place ne fait rien au hasard. Il sait ce qu’il fait et l’opinion ne s’embarrasse pas à trouver que son but est de ramener le dossier de détournement à la Direction de l’eau sur un autre terrain. À partir de là, il établira d’autres implications malveillantes dans le seul dessein, de détruire et de nuire.

 Pourquoi le Couffo et Olivier Bocco ?

 Ce n’est pas tombé du ciel ! Le Couffo, sans doute, parce que c’est un département dont la sympathie va du côté de l’opposition, puisque Olivier Bocco, cité dans les affaires « tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat », est le bras droit de Patrice Talon, ennemi n°1 de Yayi Boni. Les raisons des rapprochements insinués par le Conseil des ministres sont, en réalité, liées à ces deux éléments. Dans ces conditions, on peut soupçonner que le rapport des enquêteurs a été orienté, ou même, qu’il a été rédigé dans l’intention de supprimer certains degrés de complicités et de faire porter de lourdes charges aux autres. Le Conseil des ministres a fait porter la responsabilité des sommes détournées aux opérateurs économiques, en l’occurrence les deux noms cités. C’est alors qu’on se demande comment les auditeurs n’ont pas pu identifier des complicités au niveau du circuit que l’argent prend. De même, le Conseil des ministres souligne que le cabinet d’audit ne reproche rien au ministre Barthélémy Kassa dans les transactions financières mais, son péché, c’est d’avoir laissé faire alors qu’il était informé des faits. Cela tend à trouver une situation atténuante au ministre de l’Energie et de l’Eau. Et quand on l’envoie s’expliquer devant la Haute cour justice, le chef de l’Etat lui-même sait que cela prendra du temps. On n’y arrivera jamais. Pendant que Barthélémy Kassa continuera à se la couler douce à l’Assemblée, les cadres et les agents de la Direction de l’eau verront leur emploi supprimer, et certains, comme les opérateurs économiques, seront amenés à se défendre devant la justice. Au sein de l’opinion publique, l’allure qu’a prise le dossier donne lieu à différentes interprétations. Beaucoup pensent que le rapport accable les innocents, livre ceux qui ne sont pas les amis du chef de l’Etat, protège des ministres et leurs collaborateurs, laisse circuler des menaces de poursuites judiciaires et de remboursement. Mais aussi, il révèle d’autres cas de détournements. Au milieu de tout cela, on se demande si le gouvernement pourra appliquer les recommandations. Quelques-uns opinent en disant qu’après l’enquête, le rapport a été rédigé pour que l’Exécutif, plus que jamais en mauvaise posture avec les partenaires hollandais, soit lavé de ses péchés. En conclusion, très peu sont convaincus du sérieux qui doit caractériser ce rapport d’enquête du cabinet Kroll de renommée internationale.

FN