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fain zeroLe Comité chargé de l’examen de la stratégie nationale « faim zéro » a remis officiellement son rapport final au chef de l’Etat. La cérémonie a eu lieu jeudi 04 octobre 2018 à Sèmè City en présence du corps diplomatique et des membres du gouvernement.

Dans le cadre de la poursuite de ses efforts en vue d’atteindre les Objectifs de développement durable (Odd) 2, le gouvernement béninois et les partenaires techniques et financiers multiplient les actions pour éradiquer la faim. Cependant, la situation alimentaire et nutritionnelle est peu reluisante. C’est pourquoi, le gouvernement, avec le concours technique et financier des partenaires au développement, a commis des experts aux fins d’un diagnostic conséquent des facteurs sectoriels et multiformes qui concourent à la malnutrition nutritionnelle. Le rapport final de ce document révèle que 10% des ménages béninois souffrent encore de la faim. Au niveau national, seulement un ménage sur deux vit en sécurité alimentaire. Les zones les plus affectées sont au niveau des départements de l’Atacora, des Collines ainsi que les départements du Zou et du Couffo. Au niveau des communes, celle de Boukoumbé est particulièrement affectée avec plus de quatre ménages sur 10 touchés par l’insécurité alimentaire. A en croire Dr Eunice Nago Koukoubou, spécialiste de nutrition humaine, membre de la commission chargée de l’étude sur la stratégie nationale « faim zéro », le Bénin se trouve, au regard de ces chiffres, dans une situation de doubles fardeaux nutritionnels en ce qui concerne l’état nutritionnel des populations avec la coexistence de la malnutrition par carence et de la malnutrition par excès. Dans sa présentation, elle a fait savoir qu’au Bénin, un enfant de moins de cinq sur trois souffre de retard de croissance, un type de malnutrition qui affecte le développement intellectuel et physique de l’enfant et sa productivité à l’âge adulte.

 Quid des insuffisances de la sécurité alimentaire ?

 Face à cette situation alimentaire nutritionnelle, l’examen stratégique national s’est intéressé aux insuffisances au niveau des déterminants de la sécurité alimentaire, ainsi qu’au niveau de la mise en œuvre des interventions. Par rapport à la disponibilité alimentaire, le rapport a noté que la productivité agricole au Bénin, demeure faible, notamment à cause de la pénurie de la main d’œuvre agricole. Comme difficultés, il y a également l’inexistence d’un système de financement agricole adapté, ainsi que la forte dépendance du Bénin aux importations de denrées alimentaires, tel que le riz, la viande et le poisson. Le président Patrice Talon a noté avec satisfaction que ce rapport procède à un inventaire satisfaisant des différents types de réponses coordonnées que les autorités béninoises s’efforcent d’apporter aux problèmes identifiés. Il s’est réjoui du fait que le document soumis à son attention ait procédé à un diagnostic conséquent des facteurs sectoriels et multiformes qui concourent au constat encore relativement préoccupant, du bien-être quotidien de ses compatriotes, en dépit de certains résultats encourageants enregistrés par le Bénin ces dernières années. Il a salué l’engagement constant des partenaires dans l’œuvre exaltante d’édification d’une nation béninoise de prospérité partagée. Selon le chef de l’Etat, le contenu du rapport confirme et conforte pour l’essentiel, les grandes options inscrites dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) pour la période 2016-2021, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin.

Prenant acte des suggestions qui y sont faites dans le but d’accélérer l’atteinte des résultats visés, ainsi que les actions prioritaires proposées spécifiquement à l’intention des couches socio-professionnelles défavorisées, le président de la République a exprimé sa gratitude au Programme alimentaire mondial (Pam) pour avoir appuyé le Bénin dans la réalisation de cet examen stratégique national. Il n’a pas manqué de témoigner sa reconnaissance aux membres de l’équipe qui s’y sont consacrés en raison de la qualité de leur expertise. Avant la remise officielle du document au chef de l’Etat, Mathurin Nago, facilitateur principal du comité chargé de l’étude sur la stratégie nationale « faim zéro » et le représentant du représentant résident du Pam, Abdou Dieng, ont tour à tour salué les efforts du gouvernement pour l’éradication de la faim. Le document a identifié onze axes stratégiques et des actions prioritaires afin d’accélérer la marche vers l’atteinte des Odd 2.

 Odi I. Aïtchédji