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Samuel-Dossou-Aworet
Le groupe de Samuel Dossou prêt pour un débat contradictoire

Le gouvernement de Yayi Boni a invité le groupe Pétrolin à un débat contradictoire dans le bras de fer qui les oppose au sujet du dossier Corridor ferroviaire Bénin-Niger. Il a eu une réponse favorable à sa demande. « La date, le canal et d’autres détails ne devraient pas poser problème si le gouvernement est vraiment disposé à faire cet exercice », a répondu le Groupe Pétrolin.

Entre le Groupe Pétrolin et le gouvernement, qui dit la vérité ? On en saura un peu plus au cours d’un débat contradictoire auquel le second invite le premier. Dans le bras de fer qui oppose les deux protagonistes au sujet du dossier Corridor ferroviaire Bénin-Niger, le ministre des Travaux publics et des transports, Gustave Sonon, est sorti de son mutisme ce dimanche 26 juillet 2015. Canal choisi : Golfe Télévision. Sa ligne de défense est claire : le Groupe Pétrolin n’a servi que de fausses informations à l’opinion publique. Le son de cloche du gouvernement accuse l’opérateur économique privé béninois de cacher la vérité au peuple et de faire un procès qui n’en est pas un au groupe Bolloré et aux Etats béninois et nigériens. Surfant sur son étoile de dimanche, le ministre Gustave Sonon estime qu’il est temps que le peuple sache la vérité. Il a laissé entendre que le gouvernement est prêt à un débat contradictoire avec le Groupe Pétrolin. 48 heures après ses déclarations, on connaît déjà la réaction de la partie adverse. Elle a répondu favorablement à l’invitation. Le Groupe Pétrolin a insisté à prendre part à ce rendez-vous sans délai et sur n’importe quelle chaîne de télévision ou station radio. Dans les journaux, à la télévision, à la radio, dans les milieux syndicaux et dans de nombreux services, le sujet préoccupe et suscite un intérêt particulier. La plupart des opinions semblent être favorables au procès que le Groupe Pétrolin fait à l’Exécutif et son ami Bolloré. C’est pourquoi, on se demande si l’idée d’un débat contradictoire, tel que le gouvernement l’appelle de toutes ses énergies, n’est pas de nature à semer le doute dans les esprits. Après avoir raté sa sortie, le dimanche dernier, le ministre des travaux publics et des transports pourra-t-il convaincre au cours du débat contradictoire ? En tout cas, le Groupe Pétrolin entend lui démontrer qu’il est sur un dossier dont il ne maîtrise pas les contours et pour lequel il veut défendre l’indéfendable. Le débat prend une allure importante au point qu’il fait réagir les organisations syndicales des cheminots de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Dans une motion (lire ci-dessous), elles demandent de sursoir à la signature du contrat avec le Groupe Bolloré.

 Abdourhamane Touré

Motion sur la boucle ferroviaire

 Les Unions et Confédérations Syndicales des pays membres de l’UEMOA, réunies à Cotonou les 24 et 25 juillet 2015, en Rencontre syndicale ont été informées par la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) de ce qui suit :

1-) Le projet de boucle ferroviaire devant relier les cinq (5) pays tels que le Bénin, le Togo, le Niger, le Burkina-Faso et la Côte d’Ivoire est entré dans la phase active du moins en ce qui concerne le Bénin et le Niger.

2°) Que ce projet pour ce qui concerne la dorsale Cotonou-Niamey est attribué par les deux (2) gouvernements du Bénin et du Niger au groupe français Bolloré alors que préalablement existait un autre accord de concession signé avec le groupe Pétrolin conduit par un Béninois.

3°) Que le groupe Bolloré a entrepris de construire des rails à écartement métrique de 1910 (1m) donc vieux et inadaptés aux conditions modernes au lieu des rails modernes à écartements 1,435 mètre adopté par tous les pays du monde à travers l’Union Internationale des Chemins de Fer (UIC).

4°) Ce projet aurait pour conséquence d’isoler le Bénin et le Niger des autres pays de la CEDEAO notamment du Ghana et du Nigéria qui œuvrent déjà à se mettre aux normes modernes.

Les Confédérations syndicales au regard des informations ci-dessus données :

1°) déclarent que, dans les cas d’attribution de marché public pour la réalisation des travaux dans les pays de l’UEMOA, en cas d’égalité de niveau technologique et de surface financière, la priorité doit être donnée aux entreprises de l’UEMOA.

2°) Rejettent les mesures qui visent à favoriser le groupe Bolloré au détriment des Etats membres de l’UEMOA

3°) S’opposent résolument à toutes constructions de rails obsolètes dans nos pays et qui aurait pour conséquences :

  1. a) de retarder nos pays dans leur développement.
  2. b) d’entraver, la libre circulation des biens et des personnes par voie ferroviaire entre les pays de l’UEMOA et de la CEDEAO.

4°) demandent aux gouvernements des deux (2) pays de surseoir au contrat avec le groupe Bolloré sur ces bases.

Fait à Cotonou, le 25 juillet 2015

Les Participants

Les Confédérations Syndicales Membres de l’Initiative de l’Unité d’Action Syndicale sous Régionale

BENIN : Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) – Union Nationale des Syndicats des Travailleurs du Bénin (UNSTB) – Fédération Syndicale des Travailleurs des Finances (FESYNTRA-FINANCES)

Burkina-Faso : Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B) – Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB) – Confédération Syndicale Burkinabé (CSB) – Force-Ouvrière / Union Nationale des Syndicats Libres (FO-UNSL) – Organisation Nationale des Syndicats Libres (ONSL) – Union Syndicale des Travailleurs du Burkina (USTB)

Côte-D’ivoire : Confédération Générale des Travailleurs de la Côte d’Ivoire (CGT-CI) – Fédération des Syndicats Autonomes de la Côte d’Ivoire (FESACI) – Union Nationale des Travailleurs de la Côte d’Ivoire (UNATR-CI)

NIGER : Confédération Générale des Syndicats Libres du Niger (CGSL-Niger) – Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN) – Union Syndicale Progressiste des Travailleurs (USPT)

SENEGAL : Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS / Sénégal)

Togo : Union Nationale des Syndicats Indépendants du Togo (UNSIT)