Spread the love
Awal Bouko Djibril Nagnimi portera bientôt ses étoiles
Le Général Nagnimi Awal explique les circonstances de la fusillade

« Suite à la décision des Nations-unies de revaloriser les primes, nous avons décidé de répercuter cela sur nos hommes qui sont sur le théâtre. On a pris les mesures administratives, c’est-à-dire prendre un arrêté interministériel. On en était là quand en Côte-d’Ivoire, il y a eu une mutinerie, parce que lors d’une tournée, le Ministre leur aurait promis d’augmenter leurs primes, ce qu’on n’a pas respecté parce que ceux qui devraient aller prendre leurs primes devaient remplir une fiche sur laquelle était inscrit ce que chacun devrait gagner par jour. Ils ont signé l’ancienne fiche parce que le processus administratif qui consistait à signer un arrêté interministériel n’avait pas abouti. Notre ministre avait signé l’arrêté qui devait passer par trois ministères. Ça n’avait pas abouti et il est prévu qu’ils fassent cela sur une base, le temps que cela soit signé. C’était un acquis, un retro-acquis jusqu’en juillet 2014. Si ceux qui sont rentrés au théâtre depuis 2014 devraient en bénéficier, ce n’est pas ceux qui sont venus après qui ne le feront pas. Cela n’a pas empêché des manifestations qui ne sont pas prévues par les textes. Dans l’armée, on peut demander mais, ne pas manifester de la sorte. C’est une rébellion. On a pris toutes les dispositions pour les ramener à la raison, compte tenu de leurs exigences. Mais rien n’a marché. On a été obligé de faire partir notre Ministre de la défense, de façon précipitée, pour aller calmer les gens sur le terrain, en compagnie de mon adjoint. Sur le terrain, il les a rassurés sur le fait qu’ils seront payés dès qu’ils seront sur le terrain. Effectivement, ils ont reçu leurs primes dès leur arrivée, avant même de rentrer chez eux. Une réunion a été organisée pour savoir les raisons ayant conduit à ces manifestations. Une commission a été mise sur pied et a écouté plusieurs personnes, dont des officiers. Ils ont décidé hier d’écouter des hommes et pour que leur enquête ne soit pas entravée, ils ont décidé de mettre en cellule cinq hommes qu’ils ont soutenu être les meneurs de ce qui s’est passé en Côte-d’Ivoire. C’est parmi ces cinq personnes qu’on déplore celui qu’on a perdu maintenant. Deux ont été conduits à Porto Novo et trois devraient rester ici au camp. En route, il vociférait, tempêtait et disait qu’il allait mettre le pays à feu et à sang. On l’a calmé jusqu’à l’amener au poste qui est l’entrée principale du camp. Une fois là, on devait le conduire dans la cellule, mais il a changé d’avis et a voulu sortir du camp par la sortie Est. Il a été suivi par les militaires et le chef de la prison qui ont essayé de le ramener à la raison. Il continuait toujours de vociférer et, arrivé à hauteur de la guérite, il a foncé sur la sentinelle. Il est militaire et on ne peut pas attaquer une sentinelle armée qui est là pour assurer la défense. C’est ainsi qu’il a été touché mortellement. Malheureusement, un des gendarmes qui le suivait pour le ramener à la raison a reçu une balle. Aussitôt, il a été conduit à notre hôpital. La gendarmerie a été saisie et, pour les raisons de l’enquête, ils sont venus prélever tout ce qui est nécessaire pour la vérification et la situation des responsabilités ».

Transcription Hospice Alladayè
Avait-on besoin de tuer le caporal ?
Le chef d’état-major général des forces armées béninoises s’est expliqué. C’est normal. Il ne pouvait pas dire mieux. Mais la question qui reste posée est de savoir si la sentinelle qu’on dit avoir tué, son collègue avait-elle besoin de descendre le caporal pour se défendre ? On explique que le caporal Dangou (paix à son âme) aurait foncé sur elle, certainement pour prendre son arme et se défendre face à ceux qui le pourchassaient pour le mettre au poste 100. Si c’était le cas, la sentinelle n’était pas menacée. Et même si elle avait été surprise de voir son collègue foncer sur elle (sans arme), avait-elle besoin d’ouvrir le feu sans contrôle sur lui ? Ne pouvait-elle pas le neutraliser autrement pour l’empêcher de lui prendre son arme ? La sentinelle avait-elle perdu ses notions de manipulation d’arme  (même en cas d’attaque) ? Ce n’est pas parce qu’il y a danger qu’il faut se mettre à tirer partout ou chercher à éliminer l’ennemi. De plus, nous sommes dans un contexte ou ledit ennemi n’était pas armé et la sentinelle sait bien qu’il ne viendra pas vers elle pour la tuer ou pour s’attaquer au camp. Un problème de professionnalisme, peut-être ?
AT