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Azatassou et ses compagnons mal placés

Dans la même veine des réactions enregistrées depuis la décision interdisant aux Fédérations, unions, associations et organisations faitières des étudiants, les  Forces cauris pour un Bénin (Fcbe) viennent de se signaler par un communiqué qui condamne la décision du gouvernement. En prétendant défendre les acquis démocratiques,  les Fcbe, aujourd’hui comparables à un  fantôme, exploitent un sujet sur lequel elles ne doivent pas se sentir à l’aise, pour refaire surface.

La Coordination des Fcbe porte un regard critique sur le gouvernement de la Rupture au sujet de la décision controversée et fortement à polémique, interdisant aux Fédérations, unions, associations et organisations faitières des étudiants  de mener des activités sur les campus  jusqu’à nouvel ordre. Dans un communiqué rendu public via plusieurs canaux, l’ex-parti Etat, sous le populiste président Yayi Boni, prédateur des libertés démocratiques se permet de condamner l’acte et le qualifie d’anticonstitutionnel. Poursuivant le réquisitoire, les Fcbe estiment que  c’est une mesure qui rétrograde le processus démocratique dans lequel le pays s’est engagé depuis 26 ans. Soit ! Dans un Etat de droit, reprocher à l’autre d’avoir mal fait ou le critiquer, fait partie du jeu démocratique. Mais alors, il plait sans doute à bon nombre de personnes de poser quelques questions aux Fcbe. D’abord, où étaient elles quand les derniers évènements se sont produits sur le campus d’Abomey-Calavi ? Avaient-elles pris fait et cause pour les étudiants qui ont été exclus? Qu’ont-elles fait pour aider à la résolution de la crise à Abomey-Calavi?  Qui a fortement contribué à la dégénérescence de la morale syndicale et son corolaire sur les campus ? Qui est à la base de l’instrumentalisation des mouvements estudiantins qui a porté l’estocade aux valeurs cardinales de l’université ? La situation d’aujourd’hui n’est-elle pas la conséquence immédiate  de la mauvaise gestion des différentes crises sous le régime défunt ? Quand les Fcbe auraient réussi à répondre à ces question, avec objectivité et responsabilité, on ne leur trouvera pas à redire sur la sincérité du communiqué et la maturité politique de ceux qui se retrouvent à travers ses lignes. Dans les conditions actuelles où l’ex-parti Etat n’a ni leader, ni boussole et se vide peu à peu de ses barons, voire de ses militants, un tel communiqué n’a aucun poids. Cela ressemble à une réaction d’un groupe qui n’est qu’une passionaria de l’ancien chef de l’Etat, donnant l’apparence d’une position qui se rapproche de celle des activistes de la lutte pour la défense des libertés démocratiques. Or, les Fcbe ne peuvent pas se proclamer comme des donneurs de leçon sur ce terrain. Enfin, ayons le courage de leur dire qu’il est temps qu’un nouveau régime, pour donner le ton de la nouvelle politique de moralisation de la vie syndicale sur les campus, par un décret fixe les conditions de jouissance de l’article 25 de la Constitution.

FN  

Déclaration de l’alliance Fcbe

L’Alliance Forces cauris pour un Bénin émergent a suivi avec stupéfaction le compte rendu  du Conseil des ministres du 5 octobre 2016. Entre autres décisions et par la voix du  ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki, Secrétaire Général de la Présidence de la République, le Gouvernement a interdit les activités de toutes les Fédérations, Unions, Associations ou organisations faîtières des étudiants dans toutes les universités nationales du Bénin.

Par une telle mesure le gouvernement de la rupture a violé allègrement les dispositions de  l’article 25 de la Constitution du 11 décembre 1990 qui consacrent les libertés démocratiques notamment la liberté d’association et d’organisation acquises par notre peuple à la Conférence nationale des Forces Vives de février 1990. Il s’agit là d’une décision anticonstitutionnelle qui rétrograde le processus démocratique dans lequel s’est engagé notre peuple depuis 26 ans.

Aucun Gouvernement avant l’avènement du régime de la rupture et même aux plus forts moments des contradictions entre les acteurs sociaux et les régimes successifs, n’a osé franchir un tel cap.

Il plait à l’Alliance Forces Cauris pour Bénin Emergeant de rappeler à la mémoire de notre peuple le rôle déterminant joué par les mouvements et associations d’étudiants ainsi que les énormes sacrifices consentis par eux pour l’avènement de la démocratie dans notre pays.

Cette mesure anti-démocratique, à l’analyse, fragilise notre modèle démocratique et  interpelle toutes les organisations et les partis politiques épris de paix, de liberté et de justice quelles que soient les contradictions et autres considérations par ailleurs.

C’est pourquoi au-delà des condamnations justes et légitimes enregistrées à ce jour,  l’Alliance Fcbe estime que la riposte doit être collective et le soutien sans faille aux  initiatives des organisations estudiantines.

En effet, après les organisations estudiantines et si cette décision liberticide était maintenue, ce serait le tour des centrales syndicales, de la société civile, des partis politiques voire des confessions religieuses.

Dans ces conditions, l’Alliance Fcbe conteste cette décision du gouvernement et est prête à  prendre part à tous les combats pour la sauvegarde de la démocratie et des libertés  fondamentales.

L’Alliance invite donc instamment le gouvernement à rapporter le décret portant interdiction «d’activités à toutes les Fédérations, Unions, Associations ou Organisations faîtières d’étudiants dans toutes les Universités nationales du Bénin et à engager sans délai un  dialogue franc et sincère avec lesdites organisations.

Enfin, l’Alliance appelle toutes les forces démocratiques à la veille citoyenne en vue de  sauvegarder les acquis démocratiques chèrement conquis par notre peuple à la Conférence  nationale des forces vives de février 1990

Vive la Démocratie

Vive les libertés individuelles et collectives

Vive le Bénin

  Fait à Cotonou le 8 octobre 2016

  La Coordination nationale Fcbe