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Léhady-Soglo
Léhady Soglo n’a qu’à se prendre à lui-même

Celui qu’il convient désormais d’appeler ex maire de Cotonou, a donné l’occasion à ses adversaires politiques de lui régler ses comptes. Car au fond, rien ne lui serait arrivé s’il n’avait posé des actes attentatoires à la loi sur la décentralisation.

Léhady Soglo n’aurait pas été suspendu s’il n’avait pas commis  des ‘’fautes lourdes’’. Il n’est pas un allié politique de Patrice Talon, et tout le monde le sait. Mais pourquoi n’a-t-il pas été suspendu l’année dernière ou il y a quelques mois ? L’adversaire politique a toujours son timing et sait quand il faut frapper pour faire mal. En politique, lorsqu’on adopte une position, on l’assume. Léhady a fait l’option de rester loin du régime en place et n’a pas caché son opposition à Patrice Talon depuis la période des campagnes électorales jusqu’à ce jour. Et quand c’est comme ça, il ne devait pas s’attendre à un traitement de faveur de sa part, en cas d’erreur. C’est sûr qu’il n’est pas le seul Maire sur les 77 que compte le pays dont la gestion a été auditée. Mais pourquoi c’est lui qui a été suspendu? Toute la question est là. Certains se demanderont si on n’est plus libre de s’opposer à un pouvoir en place. Seulement, quand on choisit d’affronter politiquement un régime, on s’apprête à recevoir aussi des coups, en retour. Le cas échéant, on s’occupe bien de ce qu’on gère et on évite de piétiner les textes. Léhady a donné l’occasion à ses adversaires de le surprendre désagréablement. On se rappelle que la Rb a été dans la même alliance que le Prd en 2016 contre Patrice Talon. Mais au lendemain des élections, Houngbédji, malgré sa position de président de l’Assemblée nationale, a félicité Talon et s’est mis à sa disposition pour l’accompagner. Ce n’était pas obligatoire, mais en tant qu’un averti de la chose politique, il l’a fait. Léhady Soglo a gardé sa position ri-gide contre le pouvoir. Les députés et Maires, élus de la Rb qu’il dirigeait à l’époque, l’ont laissé et ont rejoint le pouvoir. Cela a donné naissance à une crise qui a conduit à sa destitution de la tête du parti.  Son géniteur, Nicéphore Soglo avait appelé, en 2016, à soutenir le candidat Patrice Talon. A ce jour, sa position n’a pas changé malgré ses propos critiques, parfois qu’on ne peut lui refuser. Mais Léhady n’a pas voulu revoir sa position. Il est plus intelligent que Houngbédji, son père Soglo, les députés et Maires de la Rb qui n’ont pas voulu faire l’opposition. Il n’est pas un enfant. Il a toujours compté sur sa majorité au sein du conseil municipal pour ne jamais penser être inquiété. Malheureusement, la loi lui a été appliquée. Sauf preuve du contraire, il est le premier maire à être suspendu.
 Un choix politique à assumer
 En Mars 2017, on se souvient qu’à l’ouverture d’une session ordinaire du conseil municipal de la ville de Cotonou, Léhady Soglo avait délivré un message hostile au projet de révision constitutionnelle initiée par Patrice Talon. Il avait, à l’époque, fait référence aux propos de sa mère, Rosine Soglo pour dire que la révision n’était pas opportune. La révision avait vraiment échoué. Deux mois plus tard, il a résisté contre le partenariat Etat-Commune élaboré pour la réalisation par le Gouvernement de certaines infrastructures de développement dans les communes du Grand Nokoué. Malgré tout, sa majorité a voté pour un amender de ce projet de contrat, en conseil municipal. Les autres Maires de son parti n’ont pas affiché de la résistance. C’est à Cotonou qu’il a été démontré que le Gouvernement veut s’ingérer dans la gestion des Communes. Tout a été mis en œuvre pour faire une mauvaise publicité au régime en place alors qu’à la fin, il n’a pu faire modifier le projet de contrat. C’était des coups politiques que Léhady Soglo donnait au pouvoir en place. Pourquoi veut-on aujourd’hui que ce même régime se montre complaisant à son égard dans des affaires de mal gouvernance ? Quel accord les lie ? Qu’est-ce qui oblige le Préfet ou le Ministre à favoriser Léhady Soglo ? Il est tombé sous le coup de la loi qui organise les communes et qui n’a prévu, nulle part, la souplesse, la patience, la complaisance etc… dans son application. Si des gens trouvent que la procédure de suspension est biaisée, ils n’ont qu’à se référer à la Cour Suprême. Mais qu’on n’empêche pas le régime Talon de se venger de ses adversaires politiques. Léhady ferait de même s’il était à la place du Préfet et du ministre. C’est de bonne guerre.
FF