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unamabL’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) suspend sa grève. Réunis en Assemblée générale le 4 mai 2018, et « préoccupés par l’intérêt supérieur des justiciables », les membres ont décidé de mettre un terme à la paralysie de l’administration judiciaire. Lire la motion de suspension de la grève.

 Motion de suspension de grève

A

Monsieur le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la législation,

 

Le Bureau exécutif de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Be/Unamab),

Vu la Convention n°87 de l’Organisation internationale du travail relative à la liberté syndicale et à la protection du droit syndical ratifiée par le Bénin ;

Vu la Constitution de la République du Bénin du 11 décembre 1990, notamment en son titre VI ;

Vu la loi n°2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin ;

Vu la loi n°94-027 du 15 juin 1999 relative au Conseil supérieur de la magistrature (Csm) ;

Vu la loi n°2001-35 du 21 février 2003 portant Statut de la magistrature ;

Vu la loi n°86-013 du 26 février 1986 portant Statut général des Agents permanents de l’Etat ;

Vu la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;

Considérant qu’en exécution des résolutions de l’Assemblée générale du 27 janvier 2018, l’Unamab a déclenché une grève de protestation de cinq jours à compter du 26 février 2018 avec tacite reconduction pour exiger la rétrocession de l’intégralité des fonds arbitrairement défalqués sur les salaires du mois de février 2018 ;

Considérant que le 06 avril 2018, le Be/Unamab a décidé de la poursuite du mouvement de grève en le réduisant à une durée de 2 heures, renouvelable par tacite reconduction ;

Considérant qu’en dépit de la disponibilité du Bureau exécutif, le gouvernement a fait l’option de la radicalisation en soumettant uniquement les salaires des magistrats des mois de mars et avril 2018 à de nouvelles défalcations ;

Considérant que cette mesure de représailles du gouvernement, illégale et discriminatoire, participe en réalité d’un plan désormais évident de déstabilisation du pouvoir judiciaire et partant de remise en cause de la démocratie ;

Préoccupée par l’intérêt supérieur des justiciables qui ne doivent pas continuer de subir les conséquences de cette situation voulue et entretenue par le gouvernement et après analyse de la situation ;

L’Unamab réunie en Assemblée générale décide de suspendre son mot d’ordre de grève en date du 23 février 2018 tel que modifié par motion du 06 avril 2018 pour compter de ce jour vendredi 04 mai 2018 à 00 heures.

Elle invite ses membres à rester mobilisés.

Fait à Cotonou, le 04 mai 2018

Pour le Be/Unamab,

Le président

Marc Robert Dadaglo