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talonpatriceLors de ses échanges avec la diaspora béninoise à Paris le samedi 7 octobre 2017, la question du mandat unique est revenue au-devant de l’actualité.  Patrice Talon, qui avait, alors qu’il était candidat, fait de cette question son cheval de bataille, n’a pas varié dans ses réponses, même si les circonstances ne sont plus les mêmes.

« J’ai dit que je n’ai pas d’aversion pour la fonction. Je  n’ai pas d’aversion pour la charge. Certes, c’est difficile, c’est dur, j’aime bien sortir m’amuser, aller danser, je n’ai plus les moyens de le faire. J’aime bien rouler en voiture, faire des kilomètres, pour ceux qui me connaissent, je suis libre, et un tout petit peu jouisseur. J’aime bien profiter de la vie. Je  n’en ai plus l’occasion. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai une aversion pour la fonction. J’ai été candidat. J’ai levé la main pour l’être. On  ne m’a pas forcé à être candidat, et je n’ai pas d’aversion pour l’effort non plus. La question d’une candidature éventuelle en 2021, je pense que pour moi-même elle serait indécente. Pourquoi ? Je viens de subir une épreuve de santé qui me fait voir la vie autrement. Donnons le meilleur de nous-mêmes à chaque instant. Je suis sincère avec vous. Je voudrais donner le meilleur de moi-même à chaque instant. Je voudrais pouvoir prendre de bonnes décisions, pouvoir agir en bonne conscience de ce qui est bon et de ce qui est mauvais pour que mes choix soient pertinents. Je voudrais avoir la lumière de prendre les bonnes décisions à chaque instant. 2021 est encore loin ». C’est à travers ces mots empreints de gravité, que le chef de l’Etat, Patrice Talon, a répondu à la préoccupation de ses compatriotes, voulant savoir si son point de vue   sur le mandat unique a évolué après plus d’une année d’exercice du pouvoir d’Etat. En effet, pour qui connaît l’histoire politique récente du Bénin, cette question en apparence anodine, est entourée d’un halo de préoccupations et craintes profondes. Que l’on soit opposant ou proche de la mouvance présidentielle, l’opinion à ce propos diverge profondément. Car, l’une des promesses phares du candidat Patrice Talon, alors en exil, était d’opérer des reformes politiques, une fois élu à la tête de l’Etat. Mais, depuis de l’eau est passée sous les ponts. La réforme phare que Patrice Talon a entreprise, celle de la révision de la Constitution,  n’a pas prospéré. Ce que les Béninois ont retenu depuis, c’est un bout de phrase que Patrice Talon a lâché sur les plateaux de la Télévision nationale. A la question des journalistes qui voulaient savoir s’il tient toujours au mandat unique, Patrice Talon a alors répondu qu’il « avisera » le moment venu.

 L’idéal aurait été d’instaurer le mandat unique

Face à la diaspora, cette réponse, que beaucoup avaient qualifié de mitigée, n’a pas évolué. Ce que je ferai personnellement en 2021, si la réforme passe ou ne passe pas, relève désormais de mon opinion personnelle, de la vie, de mes ambitions, de mes challenges en ce moment-là. Je souhaite que chacun de nous soit présent demain pour faire le bilan du parcours ensemble, qu’on ait la chance d’avoir longue vie jusqu’à ce moment-là pour apprécier ce que nous avons pu faire ensemble, et pour rire, se moquer des décisions que j’aurais prises ou que je prendrais en ce moment. Est-ce que je tiendrai, malgré tout à cette promesse que j’ai faite ? Cinq ans, c’est beaucoup dans la vie d’un homme en termes de sacrifice, ou bien est-ce que je dirais en ce moment ‘’je me sens encore capable de sacrifice’’ ? On appréciera ensemble au moment opportun ». Avant d’ajouter avec un brin de regret : « D’ailleurs, ce qui se passe aujourd’hui me donne bien la preuve que j’avais bien raison. Les critiques, la situation économique… et si je devais tenir compte des paramètres de mon retour potentiel en 2021, je n’aurais rien fait. Et c’est pour cela que j’estime que mon diagnostic est bien fondé et que l’idéal aurait été d’instaurer le mandat unique ».

A.T