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DOMICILESACCAGE
Le domicile du maire saccagé

Les partisans de la famille politique du chef de l’Etat, Yayi Boni, se sont affrontés hier jeudi 1er octobre 2015 dans la Commune de Tchaourou. Le bilan fait état de plusieurs blessés dont six graves parmi lesquels, un policier.   D’importants dégâts matériels ont été également enregistrés.

La crise qui secoue le Conseil municipal de Tchaourou a pris l’allure d’une bataille rangée. Les protagonistes se sont affrontés toute la journée d’hier. Très tôt dans la matinée du jeudi 1er Octobre 2015, les partisans soutenant les conseillers, Forces cauris pour un Bénin émergent qui se réclament proches du député Adam Bagoudou, se sont rendus dans les locaux de la mairie. L’objectif, selon eux, est de fermer les bureaux de l’administration, après avoir renvoyé le maire, Bio Sounon Bouko jugé illégalement installé dans ses fonctions. Ce groupe a indiqué que le préfet des départements n’a pas encore pris l’arrêté de constatation qui reconnaît le maire et son conseil communal. Par le biais des crieurs publics, les intéressés ont annoncé la veille l’acte qu’ils entendent poser. Une annonce qui a sans doute dressé leurs adversaires sur leurs chevaux. On se demandait comment allaient réagir les partisans Fcbe du maire qui sont proches du député Karim Chabi Sika. Loin de reculer devant les menaces du camp d’en face, ils sont sortis très massivement pour protéger le maire et les édifices publics.

Menace mise en exécution

 Selon une source policière, quelques individus venus des arrondissements de Alafiarou et de Tchatchou appartenant au groupe de Adam Bagoudou ont réussi à mettre pied dans les locaux de la mairie et ont mis à sac le domicile du maire logé dans l’enceinte. Les partisans de l’autorité communale n’ont pas voulu laisser faire. Tous les ingrédients étaient réunis pour que l’affrontement ait lieu. L’inévitable face à face n’a pu empêcher le spectacle déplorable. Armés de coupe-coupe, couteaux, gourdins, lance-pierres, de bâtons et autres objets, les deux camps se sont livrés une bataille sans merci. Le policier qui assurait la sécurité des locaux a été blessé dans la foulée, alors qu’il tentait de repousser des badauds qui détruisaient le portail central. Plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés. Les échauffourées ont été maitrisées par un détachement de la gendarmerie et des éléments de la Brigade anti-criminalité de la Police de Parakou. De même, la médiation du roi, ‘’Abiti Kakarakou 2’’ de Tchaourou a permis d’éviter le carnage. Le maire, absent de la ville et qui entre-temps est revenu constater les dégâts, a exhorté les uns et les autres au calme. Il a déclaré que les textes doivent être respectés. « En démocratie, c’est la loi de la majorité qui l’emporte toujours », a-t-il conclu.

 

Clément Dognon

(Br Borgou-Alibori)

 Appel au calme

 Dans ce conflit né au lendemain de l’installation du conseil communal, les 10 conseillers proches de Adam Bagoudou n’ont pas accepté la victoire de la majorité constituée par les 14 conseillers proches de Karim Chabi Sika soutenus par le seul conseiller de l’Alliance Soleil. Dans le rang des conseillers minoritaires, ils estiment, selon leurs propos, que le maire a trahi le plan établi lors d’une rencontre entre eux et les cadres de Tchaourou. Un plan qui voudrait que les places soient partagées par les deux blocs Fcbe. Mais nos investigations ont permis de savoir que le député qui a annoncé sa candidature pour la présidentielle prochaine règne en maître dans la commune de Tchaourou. Les négociations pour l’élection du maire, ses adjoints et les sept chefs d’arrondissement sont l’œuvre de Chabi Sika, fin politicien. Pour la majorité des conseillers, le jeu démocratique doit se faire. Le préfet n’a pas d’injonctions à donner en demandant d’accorder une quelconque place à l’autre bloc Fcbe, ont indiqué les partisans du maire. Dans cette guerre fratricide que se livrent les fils et filles de Tchaourou de la même famille politique, la médiation du Chef de l’Etat, natif de la localité est vivement souhaitée par chacun. Pourvu que cela respecte les textes de la République.

 C D