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ticLes Technologies de l’information et de la communication (Tic) ont tout révolutionné.  C’est le cas de la langue française où les pratiques en matière de rédaction ont changé. Chez les jeunes, l’utilisation des abréviations devient la règle. Ce qui affecte la langue de Molière.  
L’abréviation se définit comme une manière de simplifier un mot ou un groupe de mots  au lieu  de l’écrireentièrement. L’idée est de gagner du temps et de transcrire beaucoup de mots d’un prononcé.Elle est donc une technique utilisée surtout pour les prises de notes. Les technologies de l’information et de la communication viennent accentuer le recours aux abréviations, même dans les écrits et textes formels. Des jeunes inventent des langages codésqui leur permettent de communiquer avec leurs interlocuteurs, ignorant les conséquences d’une telle pratique. Les avantages qu’ils en tirent sont, entre autres, la rapidité, la « codification » des mots, seulement accessibles aux initiés. Ainsi, toutes sortes d’aberrations sont permiseslors de la rédaction des Sms sur le téléphone portable et l’ordinateur avec les réseaux sociaux. Le charcutage  de la langue de Molière est devenu un phénomène de société. Sur des lèvres, on entend avec une facilité déconcertante « lol », pour dire que quelqu’un ou quelque chose faire rire.Il est fréquent de lire « mdr », ce qui est synonyme de « mort de rire ». L’abréviation est entrée dans le subconscient des jeunes qui éprouvent de la peine à formuler de belles phrases conformément aux règlesgrammaticales. Les jeunessavent bien que cette manière d’écrire n’est pas convenable, mais l’utilisent quand même. Plus qu’une révolution, l’abréviation touche toutes les couches de la société. Conscient que la fantaisie et les abréviationspeuvent jouer de sales tours, Steven, étudiant en Banque et financesfait savoir : « Les abréviations permettent de respecter la marge de caractères que les messageries du téléphone portable (ptb) imposent. Mais, c’est une manière de désapprendre sans s’en rendre compte. On commence par faire des fautes d’orthographedans les productions». Parmi les concernés, il faut reconnaître que ceux qui ne les utilisent pas sont rares. « Les abréviations, c’est moche ! Moi, je ne le fais pas parce que je ne veux pas en être dépendant. Et puis, je préfère écrire mes messages en intégralité», fait observerMinel, étudiant en troisième année de comptabilité. Les utilisateurs sont tous d’accord sur les conséquences de ce mode d’écriture. « Moi, je pense que ce phénomène fait baisser le niveau des apprenants en dictée ; puisqu’ils ne maîtrisent plus les règles de grammaire et de conjugaison. De même, ils n’ont plus le réflexe de chercher dans le dictionnaire l’orthographe du mot qui les embête », renchéritMaiya élève en Terminale littéraire.Personne n’est épargné. Même les plus âgés s’y adonnent.
Une pratique dénoncée par les enseignants
 Si certains adultes les affectionnent, d’autres par contre détestentles abréviations. « D’abord, moi je ne suis pas unadulateur de cette manière d’écrire. Quelqu’un qui m’envoie un message comme ça,je ne réponds pas.Comment peut-on écrit comme ça ?» critique Marcel, fonctionnaire à la retraite.Pour les enseignants,la pratique estinacceptable, vu que les productions de leurs apprenants sont émaillées de fautes. « Vous pouvez lire par exemple ceci : « la déco est le processus prlekel un pays 2v1 inDpendt ». Au lieu de « la décolonisation est le processus par lequel un pays devient indépendant » ».  Pour se défendre, un élève confesse: « Les professeurs ne nous laissent pas assez de temps pour écrire lorsqu’ils dictent les cours. On est donc obligé de faire des abréviations». Les grandes entreprisescommerciales se prêtent aussi au jeu des abréviations. Les réseaux de téléphonie mobile les utilisent, en technique commerciale, pour se rapprocher de la clientèle dominée par les jeunes. « Kif ta life »,c’est ce que l’on peut lire sur les panneaux publicitaires d’un réseau de téléphonie mobile.Voilà un peu comment les abréviations s’érigent en maître.
 
Giovannia Atodjinou-Zinsou
(Stag.)