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Djènontin et les siens se victimisent

On pensait qu’elles allaient faire bonne impression pendant longtemps, mais déjà elles excellent par leur maladresse. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont fait flop à travers cette première sortie. En se liguant contre l’impunité, les Fcbe font des aveux. Elles sont contre la moralisation de la vie publique.

On s’attendait à tout sauf à cette attitude de victimisation fondée sur l’argumentaire de l’acharnement. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) n’ont pas trouvé une belle parade politique en avançant des arguments fallacieux. Alors qu’un régime s’est engagé à assainir les caisses de l’Etat, ils viennent une fois encore clamer leur foi en l’impunité en présentant à tue-tête leurs protégés comme des victimes alors que de soupçons sérieux pèsent sur eux. Aucune ligne de leur déclaration n’encourage la lutte contre la corruption. Pourtant, c’est de cela qu’on a besoin désormais. Ceci montre clairement que ces gens n’ont pas perdu les anciennes habitudes. Leur première déclaration est l’expression de leur attachement à l’ancienne chapelle faite de complaisance, de protection des proches, de clientélisme, d’impunité. On pouvait se faire bonne conscience et penser qu’ils ont changé s’ils avaient tout au moins exprimé leur attachement à la lutte contre la corruption. On serait même très heureux s’ils avaient encouragé la justice à faire son travail en sanctionnant tous les mis en cause, même s’ils sont dans leur rang. Ce sont des déclarations fortes du genre qu’il faut de la part d’un grand parti comme les Forces cauris pour un Bénin émergent. La taille du Parti impose de sa part une absence de partie pris et une démonstration de son attachement au bien commun. La déclaration faite par les Fcbe a la faiblesse d’être subjective. Il s’agit d’un protectionnisme qui perd de vue la logique de l’intérêt général.  A travers cette déclaration, les Fcbe tendent à conférer à leurs protégés le droit de ne pas être inquiétés même s’ils sont en faute. Tout porte à le croire car en aucun cas, ils ne doivent présenter les personnes en cause comme des victimes alors que la Justice a choisi de les écouter. Peut-on parler d’intimidation alors que des personnes soupçonnées sont appelées par la Justice ?  Pourquoi doivent-ils se sentir intimider alors que leur conscience ne se reproche rien ? Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) doivent à la longue essayer d’élever le débat en travaillant à chaque fois à voir au-delà des murs du parti.

   Abdourhamane Touré

 Déclaration

 Chers militantes et militants Fcbe ;

 Au nom du Bureau exécutif national de notre parti, nous voudrions saluer votre engagement militant, et exprimer notre reconnaissance à vous tous qui aviez fait massivement le déplacement sur Parakou pour contribuer au succès éclatant du congrès Fcbe. Nos remerciements vont particulièrement aux populations de la ville de Parakou pour l’accueil fraternel et chaleureux réservé à nos congressistes.

La vérité qui a éclaté au grand jour les 10 et 11 février 2018 est celle-ci : Nous sommes une famille encore debout.

Vous avez été, avant-hier, les artisans de nos victoires. Vous avez été hier, les victimes de notre échec. Vous êtes aujourd’hui, les soldats qui repartent sur  le champ de bataille les mains nues, mais déterminés pour reconquérir l’espérance.

Cette première rencontre, depuis notre congrès, aurait dû être un intense moment de chaleur humaine, de célébration, d’enthousiasme. Mais, par la force des choses, le combat très tôt nous a appelés.

En effet, comme vous avez pu le remarquer, l’éclatant succès de notre congrès a déclenché la panique et la colère des hommes forts du moment. Et la semaine ne s’est pas plutôt ouverte que telle une rumeur, la nouvelle sur la demande de la levée d’immunité parlementaire et d’autorisation de poursuites de six (06) personnalités de l’opposition dont cinq (05) figures de notre parti, s’est répandue, telle une traînée de poudre, pour finir par se confirmer vers la fin de la semaine.

 Mesdames et Messieurs, chers amis ;

 De source digne de foi, le Garde des Sceaux se serait fait fort de transmettre une requête du parquet général, du moins, ainsi-a-t-on présenté les faits, demandant la levée d’immunité des députés Valentin Djènontin, Secrétaire Exécutif National, et de Idrissou Bako, coordonnateur de la première circonscription électorale de notre parti ; ainsi que l’autorisation de poursuite de l’ancienne ministre Fatouma Amadou Djibril, sur la foi d’un supposé rapport d’audit dont les résultats, présentés lors du conseil des ministres  du 28 juin 2017 ont pourtant  fait l’objet d’un recours devant la cour constitutionnelle qui les  a déclarés contraires à la constitution dans sa décision 17-251 du 05 décembre 2017, en en relevant le caractère discriminatoire.

 A la même occasion, les anciens ministres Komi Koutché et Aboubakar Yaya apparaissent eux aussi sur la liste noire, l’un pour avoir déclaré avoir été victime de vol de numéraires à son domicile en février 2016 ; et l’autre pour une présomption de fraude à l’occasion de certains concours organisés en 2015, pendant qu’il était ministre de la fonction publique. Nous rappelons aussi le cas de l’honorable Atao Hinnouho qui est fait exilé politique.

Ce qui est commun, et qui frappe nettement l’attention c’est qu’il ne s’agit que des figures de l’opposition  au pouvoir de la Rupture. Si malgré les décisions de   juridictions telles que celles de la cour constitutionnelle ou même l’existence de procédures judiciaires clôturées, le pouvoir de la Rupture  se fait le devoir de caricaturer les faits,  nous trouvons perceptibles des indices fort probants d’une tentative d’intimidation.

 Par ailleurs, dans le cas spécifique de la mission d’audit organisationnel, technique et financier de la filière coton de 2013 à 2016, il n’échappera à l’attention d’aucun observateur que sur une vingtaine (20) membres du comité interministériel, seules les personnes en vue aujourd’hui, et engagées dans l’opposition, sont dans le collimateur des procédures de persécution.

 En ce qui concerne par exemple le ministre Komi Koutché, deuxième Secrétaire exécutif national adjoint de notre parti politique, le dossier sorti semble être la preuve même que la démarche consiste coûte que coûte à trouver des poux sur la tête d’un chauve ; tant il est ridicule d’avoir sorti des chiffres en déphase par rapport aux faits ; et d’avoir voulu faire d’un plaignant dans un dossier instruit par un tribunal, un coupable à livrer à l’opinion.

Tous les autres cas procèdent du même état d’esprit d’acharnement.

 Ce qui apparaît évident au regard de tout cela, c’est que la profession de foi de conduire notre pays avec ruse et rage bat son plein ; et que si nous n’y prenons garde, désormais, l’ensemble de nos institutions ; des remparts constitutionnels et des braves hommes qui tentent de tenir debout le flambeau de notre démocratie seront pulvérisés et réduits au silence.

 Depuis deux (02) mois, saisie par un citoyen, la Cour constitutionnelle a rendu une décision enjoignant à l’assemblée nationale de procéder au plus tard le 21 décembre 2017 à la désignation de ses représentants au  Conseil d’Orientation et de Supervision aux fins de leur installation  au plus tard le 29 Décembre 2017.

Cette décision Dcc 17-262 rendue depuis le 13 décembre 2017, est restée lettre morte à ce jour ; et ni l’Exécutif, ni l’Assemblée, ne semble particulièrement se hâter de voir les dispositions de la loi et les injonctions de la Cour respectées.

On peut donc en déduire que le théâtre de la demande de levée d’immunité et de poursuites judiciaires a pour vocation de faire diversion sur le sujet de la Lépi qui aurait dû être la principale occupation du moment ; car il n’est pas ; et il ne sera pas question d’organiser les élections avec une liste autre que celle issue de la Lépi, conformément à la loi, et à la décision de la cour constitutionnelle.

 Je voudrais, au nom du Bureau exécutif national de notre parti, exprimer notre attachement à l’Etat de droit et notre soutien indéfectible aux personnalités victimes d’acharnement.

C’est pourquoi, nous exhortons les députés et anciens ministres visés par les diverses procédures à la confiance et à la sérénité.

Nous appelons enfin nos populations à la vigilance ; afin que leur concours actif protège notre pays et sa démocratie.

En cette période anniversaire de la Conférence nationale des Forces vives de février 90, nous ne saurions terminer notre propos sans rendre un vibrant hommage aux pionniers qui ont su poser les bases de notre système démocratique et nous appelons le gouvernement à ne pas continuer la destruction de ce consensus national.

                                               Fait à Cotonou, le 20 février 2018