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aic donga
Mathieu Adjovi et sa délégation dans l’Atacora et la Donga

Après les départements du Borgou et de l’Alibori, il y a quelques semaines, l’Association interprofessionnelle du Coton (Aic) séjourne depuis hier, mardi 03 octobre 2017 dans l’Atacora et la Donga. Au terme de la première journée, Mathieu Adjovi et sa délégation ont exprimé leurs satisfactions et rassuré de ce que les signes augurent d’un bon rendement.

La première étape de la tournée d’hier a démarré par la visite d’un champ de production à Tchoumi-tchoumi, dans l’arrondissement de Perma à Natitingou. Ici, le producteur a respecté les consignes données par les encadreurs dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’intensification. Il l’a fait sur une superficie négligeable. Mais hier, il a confirmé que c’est efficace et qu’il aurait mieux fait de l’appliquer à toute la superficie emblavée. A Tanguiéta, c’est un producteur exemplaire qui n’a pas douté de l’efficacité de ce programme. Il a déjà démarré sa récolte et espère un très bon rendement. A Materi, un peu après Dassari, le producteur dont le champ a été visité est fier d’avoir été retenu pour expérimenter le programme d’intensification, car, aujourd’hui, il a vu la nette différence. En face de son champ d’ailleurs, il y a une productrice qui a douté. Nous n’avons pas eu la chance de la rencontrer. Mais à coup sûr, elle doit être dans un profond regret, à voir l’aspect que présente son champ, face à celui de son voisin. Globalement, le programme d’intensification a montré son efficacité et pourrait être étendu à tout le monde à la prochaine campagne. D’ailleurs, pour le peu déjà expérimenté, les résultats sont satisfaisants. Mathieu Adjovi, président de l’interprofession, l’a reconnu, au terme de la journée d’hier. « Nous avons visité des fermes qui répondent aux objectifs que nous nous sommes fixés à savoir que le Bénin n’est pas extensible, et qu’il a une superficie connue. Pour cela, si nous voulons avoir  plus de coton, nous devons intensifier la culture cotonnière sur les parcelles utilisées par les cotonculteurs ». Il a indiqué que les usines d’égrenage installées au Bénin ont une capacité de 612 mille tonnes, mais qu’à ce jour, ce niveau de production n’est pas encore atteint. Pour cela, il faut travailler pour permettre de faire fonctionner convenablement ces usines afin de ne pas les entraîner dans la faillite.
Pour Gani Badou Tamou, président de la Fédération nationale des producteurs de Coton,  cette tournée va du grand bonheur des producteurs. « Depuis le matin, ce que je vois est extraordinaire. Tous les producteurs du Bénin sont contents avec ce programme qui consiste à emblaver beaucoup pour avoir un rendement de 2 à 3 tonnes à l’hectare », a-t-il déclaré. Narcisse Djegui, Secrétaire permanent de l’Aic, va dire sa satisfaction face aux résultats constatés sur le terrain et remercié ses collaborateurs et collègues qui les ont aidés dans la mise en œuvre de ce programme, à son étape expérimentale. « Sur le plan technique, on n’a jamais fini de bien faire. Les producteurs ont suivi ce que les agents d’encadrement leur ont conseillé. On aura de très bons résultats. On ira toujours de l’avant. Aujourd’hui sera mieux qu’hier et demain, mieux qu’aujourd’hui », a-t-il souligné.
 
Les avantages du programme d’intensification
 
Selon les explications données par Gaston Dossouhoui, Secrétaire technique permanent du bureau d’étude et d’appui au secteur agricole, basé à la présidence de la République, le programme d’intensification présente trois avantages. D’abord, sur 500 mille hectares emblavés, on fume fortement 100 mille hectares  pour obtenir un rendement nettement supérieur à ce qui était obtenu ordinairement. « L’intensification suppose d’abord des pratiques agricoles améliorées. Et pour cela, on a ciblé des paysans qui ont déjà de bonnes aptitudes pour développer la filière et qui sont sûrs qu’ils ne vont pas perdre. A la lumière de ce que nous avons vu, si un paysan qui avait 1 à 1,5 tonnes à l’hectare pratique convenablement cette fumure forte, il passera absolument à 2 à 2,5 tonnes à l’hectare. Les charges complémentaires qui sont passées là sont largement compensées par la différence de production », a-t-il insisté. Le second avantage, d’après lui, est qu’il y a une biomasse importante produite et qui retourne à la terre. Le troisième avantage, enfin, est que toute production qui passera après le coton aura un rendement élevé. Dans cette approche, a-t-il déduit, c’est le paysan qui gagne. C’est l’environnement qui gagne et ce sont les terres qui sont préservées, contrairement à tous les débats menés sur l’engrais. L’ancien ministre de l’Agriculture sous le régime du changement a estimé que la sortie est pédagogique pour voir comment se présentent les plantations, les différences entre elles et celles qui ont reçu une fumure fort. Les paysans rencontrés ont marqué cette différence.  La tournée se poursuit ce jour dans des champs de production de Kouandé et Djougou.
 
Félicien Fangnon