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il a compris le jeu flou du chef de l'Etat
Léhady Soglo, loin du compte

Léhady Soglo entame une course contre la montre dans le cadre des tractations sans lesquelles, il ne peut prétendre rester aux commandes à la mairie de Cotonou. Annoncées depuis la proclamation des résultats par la Céna, les négociations ont été retardées par son absence du territoire national. C’est maintenant que les choses commencent. Pour ceux qui croient qu’il file le parfait amour avec la coalition ayant porté Adrien Houngbédji au Perchoir, ils doivent encore attendre longtemps.

Après une campagne électorale émaillée de critiques à son égard, le 1er adjoint au maire de Cotonou sortant, Léhady Soglo, et son alliance Rb-Rp ont obtenu le plus grand nombre de conseillers. Mais, pour prétendre rester aux commandes, ils doivent composer avec les autres forces qui se déclarent déçues de leur gouvernance finissante. Les tractations en vue de filer un parfait amour avec la plupart de ces forces qui, pourtant, étaient ses alliées au sein d’une coalition pour élire Adrien Houngbédji au perchoir viennent de démarrer parce que Léhady Soglo était allé consulter «ses astres» à la Mecque. Rentré au bercail, le week-end écoulé, son arrivée redonne un peu plus d’élan aux négociations qui tournaient au ralenti. Mieux, sur les différentes pistes qui s’offrent à Léhady Soglo, les négociations sont encore dans l’impasse en raison de son voyage à la Mecque. Les vraies tractations ne viennent que de commencer, alors que plusieurs forces en présence sont décidées à lui barrer la route quelque soit son degré d’implication aux côtés de la coalition qui s’est mise en place pour l’élection du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. C’est-à-dire que Léhady Soglo a des obstacles considérables à franchir pour gagner la bataille, une question de vie ou de mort politique.

De l’avance sur Léhady ?

Aucune des forces au sein du Conseil municipal n’est prête à soutenir le 1er adjoint de Cotonou à n’importe quel prix. Qui plus est l’Union fait la Nation (Un) emmenée par Candide Azannaï et le Parti du Renouveau démocratique (Prd) conduit par le député Raphaël Akotègnon, (qui lui-même prend les instructions auprès de son mentor Adrien Houngbédji) insistent sur le fait que les enjeux des élections communales n’ont rien à voir avec l’élection du Président de l’Assemblée nationale. Le chef de file de l’Un à Cotonou, Candide Azannaï, rencontrant ces derniers jours ses lieutenants, a estimé qu’il ne faille pas baisser les bras et que le combat se poursuit en laissant courir la possibilité d’une cohabitation avec les Fcbe au sein du Conseil municipal de Cotonou. Un discours qui révèle que l’Un est à la recherche d’alliés pour débarquer l’équipe sortante de l’hôtel de ville. Elle négocie en finesse avec le Prd, les Fcbe et le Résoatao. De même, les barons du Prd ne sont pas restés les bras croisés ni la main au menton pour regarder l’Un faire. Chacun a préparé le terrain pour sa probable victoire. Pendant ce temps, Léhady Soglo était absent tout en sachant qu’une coalition réunissant toutes les autres forces lui est préjudiciable. En réalité, personne ne peut savoir ce qui se cache derrière les lunettes de Candide Azannaï. C’est celui que l’alliance Rb-Rp craint le plus, et non le Prd, qui, espère-t-elle, lui retournera l’ascenseur, parce qu’elle avait soutenu Adrien Houngbédji. Les Renaissants ont oublié qu’au Bénin, il n’y a pas de politiquement correct. Fort de ses 20 conseillers, Léhady Soglo garde certes les chances de succéder à son père Nicéphore, mais il reste de nombreux écueils à surmonter. Et n’ayant pas vite commencé les tractations, les obstacles à franchir deviennent encore plus considérables. C’est depuis l’annonce des résultats par la Céna, que les choses étaient déjà compliquées pour l’alliance Rb-Rp, qui a obtenu 21 conseillers sur les 49, alors qu’elle espérait plus que ça en vue d’avoir une majorité absolue, qui lui donne un feu vert pour contrôler la ville. Mais en l’absence de la majorité absolue, elle est désormais contrainte à négocier avec le Prd qui a recueilli 13 sièges, l’Un 10, les Fcbe 4 et le Résoatao 1. Léhady Soglo n’a plus beaucoup de temps devant lui quand on sait que l’élection du maire et de ses adjoints a lieu 15 jours suivant l’annonce des résultats de l’élection communale ou municipale, selon les dispositifs de l’article 403 du Code électoral.

 FN