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Candide AzannaiEt il ravala ses vomissures ! Le politicien béninois Candide Azannaï fait un autre virage spectaculaire après sa démission de 2017. Il s’apprête à s’allier à Yayi Boni. La phrase peut faire sursauter plus d’un, mais le politicien « tchéké » pratiquement aux abois, joue sa survie en franchissant la limite de l’innommable. Les ennemis d’hier tentent le rapprochement pour manipuler le peuple « amnésique ».

L’opinion est finalement habituée aux frasques de cet homme dont on peine à comprendre les agissements. Il semble que la lecture des nombreux ouvrages philosophiques ne lui ont pas rendu grand service. L’adorateur d’Aldous Huxley n’a rien pu tirer de consistant des merveilleuses théories politiques de l’homme si ce n’est sauter d’un régime à un autre. Les nombreuses pages écrites par ces philosophes qu’il affectionne si tant n’ont toujours pas amélioré la pratique politique de Candide Azannaï dont les actes n’ont de logique que la manipulation constante. La politique, dans son essence, a quelque chose de sain, de beau, de sublime qui élève l’homme qui s’y adonne. Si la politique telle que pensée avait pour finalité d’aboutir à des sauts, il y a longtemps que le monde se serait effondré. Il serait hâtif de se lancer dans des considérations subjectives sans faire toucher du doigt les motivations profondes des choix actuels de Candide Azannaï. Il est déjà utile de savoir que le philosophe politique n’a jamais se faire élire à une élection législative seul. Son parti qui suffit à lui seul a toujours eu des difficultés évidentes à faire cavalier seul même s’il a de tout temps clamé qu’il est le plus grand politicien du Bénin. Cela explique donc l’urgence pour lui à l’approche de chaque élection, de s’allier à un grand bloc pour tirer ses marrons du feu comme il sait toujours le faire. L’exemple de 2015 sur la liste de l’Union fait la Nation (sous l’impulsion de l’actuel président)  au détriment des candidats naturels de l’alliance l’explique à souhait. Ainsi donc, l’homme politique déjà en disgrâce dans la 16ème circonscription pour sa démission spectaculaire du gouvernement est déjà en difficulté face à l’évidence des législatives de 2019 qui pour lui constituait un vrai péril. Sorti de la mouvance, l’homme qui sait pertinemment qu’il ne pourra jamais aller aux élections sans alliance a commencé par réfléchir. Sa nouvelle famille politique était un vrai champ de ronces car composés de gens qu’il avait combattus jusqu’au sang. Par où commencer ? Le philosophe a commencé par le plus simple : la famille Soglo. La crise à ce niveau est vieille et avec le discours il était possible de panser les plaies que le temps a permis de cicatriser. A ce niveau, les choses n’ont pas été difficiles puisque Hercule,déjà assez remonté contre le régime Talon,a trouvé dans ce rapprochement un baume pour panser ses douleurs. La seconde étape est le chef de Djeffa. Il a semblé que les choses à ce niveau n’ont pas pris beaucoup de temps, car pour Ajavon, Azannaï était un pion essentiel. De ce côté aussi, c’est gagné. Mais entre Ajavon et la Rb, le philosophe penchait pour son ancienne famille politique. Il pourra  donc aller en alliance avec les Houézèhouè à Cotonou (vu que Léhady est hors-jeu). L’homme voit donc une belle formule pour contourner Yayi, mais la nature l’a finalement contraint à s’allier avec son pire ennemi d’hier.

 La nouvelle charte confond Azannaï

 Yayi Boni en bon stratège savait pertinemment que son bon petit d’hier est désormais dans la cage. Il a beau l’éviter aux deux rendez-vous de Djeffa, mais la réforme du système partisan limite toute marge de manœuvre du politicien de Mènontin. La tendance aux grands regroupements consacrée par la nouvelle charte des partis politiques (votées à l’unanimité au parlement) détruisent totalement les atermoiements de l’homme qui s’est  vu pieds et mains liés dans une aventure qu’il n’aurait jamais préférée. Soglo-Yayi et Ajavon étaient prêts depuis. Il ne restait que le philosophe qui jouait les durs. Accrochés à ses théories infinies de philosophie qu’il ne pratique jamais, Candide voyait dans cette forme d’alliance incestueuse, un reniement de soi. L’ancien bon petit de Yayi n’a pas trop maintenu le suspense. Yayi sait toujours tenir ses « enfants ». Le dernier venu dans la maison est finalement tenu de respecter les principes du jeu. Azannai est vraiment en difficulté. La recherche du siège de l’hémicycle lui fait faire toutes les formes de combine. On n’ose pas le pessimisme mais ce collège hétéroclite ne présage pas de lendemains rassurants.

 Du siège doré au siège en bambou sous la coupe de l’ennemi

 Il ne fait pas l’ombre d’un doute. Les Forces cauris pour un Bénin émergent  (Fcbe) est le parti majoritaire dans cette parodie d’alliance. C’est sans doute Yayi Boni qui définira les grandes stratégies, flanqué de son petit Koutché et de l’éternel Amos Elègbè. Ce sont les désormais prochains employeurs de Candide qui n’aura autre choix que de baisser assez rapidement ses épaules pour suivre la politique d’ensemble. Pourtant, l’homme qui devra finalement jouer le rôle de teneur de valise était pourtant bien logé. Maître incontestable et incontesté sous la Rupture, Azannaï était, quoiqu’on dise, l’homme fort, le cerveau politique de Patrice Talon. Il était au cœur des privilèges, mais avait aussi l’estime de l’homme. Ayant démissionné pour des principes qu’il est le seul à justifier, il est désormais dans de beaux draps contraint à se saborder, et même à lécher les souliers de son ennemi d’hier. Yayi et son petit Koutché n’auront rien à faire d’autre que de prendre leurs pieds. Que dira vraiment Candide aux populations de Cotonou ?

AT