Spread the love
Zems photo
Les conducteurs de taxi-moto utiles à la société

Les conducteurs de moto faisant office de taxi à Cotonou et ses environs, rendent un service de dépannage. Il s’agit d’une technique simple mais épatante pour sauver des usagers en difficulté et qui traduit leur solidarité agissante.

Souvent décriés pour des comportements peu recommandables sur les axes routiers, (pollution, mauvaise conduite, violences verbales…), les zéms sont beaucoup utile pour la communauté. A part le fait qu’il contribue au transport des personnes et des biens, ils font aussi preuve de solidarité. Grâce à leur humanisme, ils assistent souvent des conducteurs en panne grâce à une technique banale, mais efficace. Il s’agit de la  » poussade du pied ». Une technique de dépannage qui, depuis peu, est l’apanage de ces « zémidjans ».  En effet, la   » poussade du pied » est une technique qui consiste à pousser la moto en panne au moyen d’un pied maintenu tendu et positionné sur un repose-pied arrière de l’engin. Le phénomène est très observé sur les axes routiers. Selon les conducteurs prestataires, il se pratique, en général, quand le motocycliste a une panne sèche. Pour, Bienvenu Atchianon, conducteur de taxi-moto amateur de la pratique, c’est une technique qui n’est pas pénible, mais qui exige beaucoup d’attention, d’effort et de prudence. Ce dernier renchérit : « Il peut arriver de petites difficultés dans cet exercice, faute de freinage ou lorsque celui qui est poussé à du mal à serrer sa droite ». Pour ainsi dire, la  » poussade du pied » n’est pas aussi aisée, lorsqu’il faut parcourir une longue distance. Bien que ce service se révèle parfois payant, les usagers – conducteurs d’engins à deux roues ne s’en plaignent pas. C’est le cas de Julien, un usager ayant connaissance du phénomène. Il témoigne : « Même si j’ai dû payer le zém pour me rendre ce service, j’avoue que je lui suis toujours reconnaissant. Je devrais rentrer à la maison quand la panne est intervenue à plus de 15km de chez moi. Il me fallait un mécanicien, mais vu l’heure qu’il faisait, je n’ai pas pu en trouver. Ce n’est que cette aide ingénieuse qui m’a permis de me rendre au bercail ». Il faut noter, par ailleurs, que la réalisation d’un chiffre d’affaires à travers cette activité n’est pas évidente. « C’est lorsqu’on pousse plusieurs conducteurs dans la même journée que l’on peut gagner assez de sous. Dans la plupart du temps, les cas de panne arrivent rarement. On pratique la  » poussade du pied » juste pour aider les usagers», explique Honoré Gbètoho, zém prestataire.

 Pas une infraction

Selon des agents du Centre de sécurité routière, la  » poussade du pied » ne constitue pas une infraction. Elle est une activité qui porte une marque de solidarité. Il faut seulement que les conducteurs de taxi-motos soient prudents en la faisant. Seule la prudence peut leur éviter de se retrouver en situation de risque d’accidents. « On ne va pas vouloir être un sauveur et planer sur soi par manque de prudence une quelconque épée de Damoclès », a insisté Jean A.

Jacques Amour Kakpo

(Stag)