Spread the love
sacca
Le ministre de l’intérieur, Sacca Lafia doit appliquer la décision gouvernementale

La traversée des tronçons routiers Comè-Lokossa-Dogbo n’est pas du tout aisée pour les conducteurs de taxi. Ils souffrent le martyre. Ils  sont obligés de faire face aux tracasseries routières, à la conjoncture économique et à la pression fiscale que leurs syndicats et des agents de la mairie exercent sur eux. Autant de choses qui obligent certains à s’adonner à d’autres activités comme le commerce de l’essence frelatée pour se tirer d’affaires.

Le métier de conducteur de taxi n’est pas du tout facile pour ceux qui empruntent les tronçons Comè-Lokossa-Dogbo. Dans la Commune de Lokossa et d’autres localités des départements du  Mono et du Couffo, beaucoup de difficultés plombent le bon développement de cette activité. D’abord, à en croire la plupart des conducteurs, c’est le manque de clients à transporter de Lokossa pour Cotonou et vise versa qui constitue leur premier souci. Pour Garba Zouwadjou, un des conducteurs qui a l’habitude d’emprunter ce tronçon, il arrive des jours où il trouve à peine deux clients à transporter. Il arrive d’autres jours où il ne trouve aucun, alors qu’il doit prendre au moins 15 000 FCfa voire 20 000 FCfa d’essence avant de démarrer. « L’exercice de l’activité devient de plus en plus très difficile. Avant de trouver de client, on perd assez de carburant. Parfois, je suis obligé de rester au bord des voies pour chercher des clients. Et c’est lorsque j’en trouve que je démarre. Par exemple hier, j’ai quitté Tokpa pour aller à Dogbo et, c’est à Pahou que j’ai trouvé de clients pour Lokossa. Il y a des jours où je ne trouve aucun client. C’est un bon métier. Mais nous rencontrons beaucoup de difficultés ces derniers temps. Il y a des passagers qui ne restent pas sur la gare routière. On est obligé de les prendre au bord des voies. Ce qui ne nous avantage pas », fait-il savoir. A ce problème, s’ajoutent les redevances qu’ils doivent verser au propriétaire du véhicule tous les jours. Pour Albert Ehoun, c’est très difficile d’honorer cet engagement, vu la conjoncture économique et le refus des clients de payer le prix juste des transports. « Nous souffrons beaucoup à cause de la quotte part qu’il faut nécessairement remettre au propriétaire du véhicule. Il arrive des fois où je n’arrive pas à trouver cette somme. Je suis contraint de payer le double le mois qui suit. Or, l’activité que je mène ne marche plus bien », déclare-t-il. Outre ces péripéties, il y a, fait-il remarquer, le paiement des assurances et les tracasseries routières. Par rapport à ce dernier point, le conducteur de taxi fait remarquer que malgré l’interdiction de rançonnement des usagers de la route, certains policiers continuent de s’adonner à cette sale besogne. En effet, les tracasseries routières sont les plus grandes difficultés qui minent le secteur des transports. Les chauffeurs se plaignent sans cesse des rançonnements effectués par des policiers et des gendarmes qui, visiblement constituent leur malheur sur les axes routiers. « Cette pratique affaiblit les revenus des chauffeurs que nous sommes. Nous rencontrons parfois certains policiers qui demandent les pièces. Lorsqu’on leur présente les pièces, ils font semblant de ne pas les voir. C’est ainsi que nous mettons la main dans la poche. En ce moment, le minimum qu’on donne est 300 FCfa. Parfois nous donnons 500 FCfa»,  confie-t-il. Pour son collège Hubert C. Agossou qui parcourt le même tronçon que lui, il a la malchance de rencontrer, au cours de son trajet, des gendarmes qui l’interceptent au moins trois fois avant qu’il n’atteigne sa destination. « Ils me prennent chaque fois de l’argent. A chaque arrêt, je donne au moins 300 FCfa. Cela fait que parfois je me retrouve à la fin de la journée sans grand-chose », confie-t-il. Les autres maux qui font perdre espoir aux conducteurs de taxi sont relatifs à la cherté du carburant. Presque tous les chauffeurs reconnaissent  que lorsque le prix de l’essence flambe, leurs revenus baissent considérablement. Pour la plupart d’entre eux, si le prix de l’essence flambe, ils augment les tarifs. Une attitude qui n’est souvent pas du goût de leurs  clients. « Lorsque le prix de l’essence passe à 500 f le litre, nous augmentons le tarif de  Cotonou-Lokossa qui passe de 2OOO FCfa à 2500 FCfa voire 3000 FCfa », renseigne-t-il.
 La pression des syndicats, des mairies et les nids de poule
 Les taxes fiscales des mairies et les pressions des syndicats constituent les autres difficultés auxquelles sont confrontés les chauffeurs dans l’exercice de leurs fonctions. Selon ces derniers, il y a des taxes que la mairie prélève chez eux. En dehors de ces taxes, les syndicalistes prennent également des taxes variant entre 1000 FCfa et 1100 FCfa. Pour eux, ces taxes correspondent au paiement des cotisations syndicales. « Lorsqu’un chauffeur d’un véhicule  stationne sur le parc de Lokossa, il paie 100F pour le stationnement. Ensuite 1100 FCfa s’il veut quitter le parc automobile », fait savoir Garba Zouwadjou.  A part ces frais, les conducteurs de taxi font face aux pressions des racoleurs qui exigent d’eux des frais relatifs au chargement.  En dehors de ces maux, il y a l’état dégradant des voies. Même si tous les chauffeurs reconnaissent que l’entreprise Ebomaf a bitumé une grande partie de la voie Comè-Lokossa-Dogbo, force est de reconnaitre que le reste du tronçon crée des désagréments énormes aux usagers. Ils ont indiqué que les nids de poule qui se trouvent sur les voies augmentent la durée du trajet. « Au lieu de faire une heure ou deux heures au plus sur les voies, nous faisons parfois 3 heures à cause de ces nids de poule. Pour un véhicule de 6 places, il faut trois heures d’horloge de trajet. Alors que pour un véhicule de 8 places, il faut 4 heures avant d’atteindre sa destination. Tout cela affaiblit nos revenus», mentionne Garba Zouwadjou.
Zoungbonou-Lokossa: un casse-tête
 « L’Etat dégradant de la voie constitue un véritable souci pour nous. Dès que nous arrivons à Zoungbonou sis à quelques encablures de la Commune d’Athiémé, je commence par gratter la tête. Je commence par avoir de la sueur, car parcourir le tronçon Zoungbonou-Lokossa est un calvaire », indique-t-il. Cependant il garde espoir que cette voie sera bientôt construite pour le bonheur de tous les usagers.   Mieux, des luttes se mènent actuellement  contre le rançonnement dont les policiers et gendarmes font montre. Car, à en croire, la dernière décision du gouvernement, « tout usager qui serait victime de quelque rançonnement au cours des contrôles routiers et de sécurité, peut se plaindre aux services compétents ou appeler des numéros rendus publics. Tout élément des forces de sécurité publique qui serait surpris en flagrant délit de rançonnement sur la voie publique, ou dénoncé par un usager de la route avec les preuves incontestables, subira la rigueur de la loi », a rappelé notre interlocuteur. Mais malgré ces dispositions de l’autorité pour réduire les tracasseries routières, les chauffeurs transporteurs continuent de se plaindre, car il y a certains syndicalistes du secteur qui initient des faux frais qu’ils prélèvent sur les différents parcs. « Les responsables syndicaux créent leur syndicat pour s’enrichir sur  notre dos. Sur certains parcs, on assiste à des bagarres. Des syndicalistes sollicitent parfois les forces de l’ordre pour nous  matraquer  et nous arrêter», dénonce Albert Ehoun.
 
Claude Ahovè (Br Mono-Couffo)