Spread the love
Ivoire KANDI TRIBUNAL
La lutte contre la criminalité faunique a du plomb dans l’aile à kandi

La lutte contre la criminalité faunique a du plomb dans le nord Bénin. Le Tribunal de Kandi a condamné le mercredi 28 novembre 2018 à 60 mois d’emprisonnement assorti de sursis et 300 000 FCfa d’amende chacun, 3 trafiquants d’ivoires. Cette décision n’encourage pas les efforts du gouvernement qui est décidé à en découdre avec les ennemis de la faune. Pour rappel, ces trafiquants ont été pris le 14 août 2018 en flagrant délit de commercialisation de 08 pointes, l’équivalent de quatre éléphants abattus, le tout pesant 20 kilogrammes. Au regard des articles 153 ; 154 et 166 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, et surtout qu’il s’agit de trophées d’espèces intégralement protégés et catégorisées en A, une condamnation assortie de sursis et cette amende sont insignifiantes pour décourager ces partisans de moindre effort qui sont résolus à détruire le patrimoine faunique national. Se référant à l’article 153de loi suscitée, les trafiquants sont passibles d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans quiconque détient des animaux sauvages sans le permis requis ; et circule avec des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine. L’article 154 de la même loi lève l’équivoque sur la sanction. Il punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans toutes personnes qui importent, exportent, réexportent ou commercialisent des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Dans le cas d’espèce, les trafiquants ont été surpris en flagrant délit de commercialisation. Donc, ils devraient être sanctionnés conformément à la règlementation. Parlant de la lutte contre la criminalité faunique, le Tribunal de Kandi a toujours su accompagner le gouvernement. En octobre 2017, un trafiquant d’ivoires a été condamné à 60 mois d’emprisonnement ferme et 800.000F Cfa d’amendes. Une décision saluée à sa juste valeur en son temps. Mais celle relative aux 60 mois d’emprisonnement assorti de sursis inquiète plus d’uns est contraire à la détermination du Bénin à enrayer ce phénomène.

 

AT