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Le Dg Fnpeej, Modeste Kérékou…

(A peine trente millions de Fcfa remboursés)

Il y a trois mois, le Gouvernement a autorisé la prise de mesures nécessaires pour obliger les débiteurs du Fonds national de la Microfinance (Fnm) et du Fonds national de promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes (Fnpeej) à se mettre en règle, conformément aux engagements qu’ils ont pris. A ce jour, rien n’a bougé, selon les informations reçues auprès des structures concernées, sauf au Fnpeej où des gens se sont manifestés.  

Que ce soit au Fonds national de la Microfinance (Fnm) ou au Fonds national pour la promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes (Fnpeej), les responsables ne sont pas encore proches du bout du tunnel. A la question de savoir ce qui a été fait pour mettre en application la décision du Gouvernement, les réponses n’ont pas fait transparaître les traces d’une rentrée massive de fonds. En tout cas, au Fnm, les responsables ne peuvent pas faire de la magie. Nous avons contacté un d’entre eux hier jeudi 27 avril 2017 pour savoir ce qui a été fait. Dans ses propos, on a senti la volonté d’un responsable qui veut bien faire respecter la décision du Gouvernement en mettant tout en œuvre pour que les débiteurs s’exécutent. Ils veulent bien mener les actions fortes pour contraindre les intéressés à rembourser. Mais, « notre situation est différente. On a commencé…Il faut aller prudemment pour bien tomber », a confié l’interlocuteur qui a requis l’anonymat, compte tenu de sa qualité et surtout de la délicatesse du sujet. Nous avons pu échanger quelques minutes pour s’entend

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…et le Fnm, Denise Atioukpè doivent mettre plus de pression pour le remboursement des fonds

re sur le fait que le recouvrement sera possible mais pénible.  « Chez nous, c’est avec la grande masse, la masse des plus pauvres », a indiqué notre source qui a expliqué qu’il s’agit en réalité des femmes qui ont reçu 30 mille Fcfa à travers des Systèmes financiers décentralisés (Sfd) qui, à leur tour, n’ont pas pu faire les recouvrements. Ils ont, selon nos sources, connu des résistances sur le terrain, à l’époque, surtout que le régime d’alors avait politisé la mesure. Difficile donc de mettre pression sur les femmes à l’époque. « Sur les autres où il y a des millions, c’est sur des garanties, comme cela se fait au niveau des banques. S’ils ne payent pas, on agit… », a ajouté une des responsables de cette structure, contactée au téléphone.  Elle a expliqué qu’à leur niveau, il n’y aura pas assez de difficultés pour faire les recouvrements.

Le Fnpeej n’a pas croisé les bras

Il a aussi fait des efforts pour amener les débiteurs à rembourser ce qu’ils doivent. Mais, apparemment, ceux qui ont bénéficié des crédits se sont résolus à ne pas solder leurs dus, à part quelques-uns qui se sont manifestés. Une somme de 30 millions  684 mille 132 FCFA a été déjà remboursée sur les comptes du Fnpeej.

On n’a pas pu demander au Directeur général ce qu’il fera si jamais le silence devrait durer longtemps. Mais déjà, il faut retenir que Modeste Kérékou et son équipe ne se sont pas donné du repos depuis que le conseil des Ministres s’est prononcé sur cette affaire. Selon des informations reçues à la Direction générale du Fnpeej, un comité Interne de Recouvrement a été mis en place ; une notification de sommation à payer à des débiteurs par huissier ; une partie des dossiers en impayé a été transférée à l’avocat conseil du Fonds ; un dossier d’Appel d’Offres a été élaboré pour le recrutement d’un cabinet afin de  recouvrer les anciennes créances. Le renforcement du partenariat avec la Brigade économique et financière pour faciliter le recouvrement des créances. « Par ailleurs, des actions de communication et de sensibilisation ont été également engagées », a indiqué la direction générale du Fnpeej qui a précisé aussi qu’une campagne d’affichage ayant consisté à la mise en place de plusieurs panneaux publicitaires à l’entrée de quelques grandes villes du Bénin avec des messages de conscientisation a été menée pour inciter les débiteurs au remboursement de leurs dettes.

Les efforts du Dg Kérékou et son équipe ont quand même porté des fruits qu’il importe de reconnaître ; car au Fnpeej, il ne s’était pas agi, dans les premières années, de la stratégie « faire-faire ». Les crédits  avaient été directement mis en place par le Fnpeej avant que les Sfd ne soient associés plus tard. Et c’est l’une des raisons d’ailleurs, pour lesquelles, le recouvrement a posé problème. Mais aujourd’hui, des réformes ont été opérées et le Fnpeej travaille depuis un moment avec des Sfd sérieux qui ont reçu des consignes fermes pour être rigoureux envers les promoteurs de projets.   Le conseil des Ministres, en sa séance du 25 janvier 2017 avait constaté et analysé les situations de créances au niveau du Fnm et du Fnpeej. « Prenant acte de la situation, le Conseil a instruit les ministres concernés par la question, à l’effet de faire prendre des mesures nouvelles en vue de procéder au recouvrement forcé des créances », avait rapporté Pascal Koupaki, Ministre d’Etat, Secrétaire Général à la Présidence de la République lors d’un point de presse le même jour.

Félicien Fangnon