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comlanKomlan Zedzro ZINSOU, le Préfet du département du Mono nous a accordé un entretien après la tournée statutaire qu’il a effectuée, du 9 au 24 Octobre 2018 dans les entités décentralisées placées sous sa tutelle. Avec lui, nous nous sommes attardés sur le fondement de cette initiative, ses objectifs et le constat fait sur le terrain. Profitant de notre tribune, il a exposé sa vision de la démarche qui devrait être celle des collectivités locales. Lisez plutôt.

Le Matinal : M. le Préfet, quel est l’objectif de la tournée départementale que vous venez d’achever ?

Komlan Zedzro ZINSOU : Merci. Déjà, il faut souligner que c’est une initiative légale imposée par les textes qui régissent la décentralisation. L’article 142 de la loi n° 97- 029 du 15 Janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin attribue au Préfet un rôle directeur dans la mise en œuvre de l’assistance-conseil.

La tournée dans les communes sous tutelle est l’un des instruments principaux qui permettent au Préfet de s’imprégner des difficultés rencontrées par les Maires dans leur gestion quotidienne. Aussi, cette visite lui sert-elle d’opportunité pour écouter les administrés et autres personnes ressources sur la façon dont ils perçoivent l’administration de leur mairie. Enfin, nous profitions de cette tournée pour prodiguer aux Maires et autres élus locaux des conseils en vue d’une gestion efficiente des communes.

Pouvez-vous, nous dire comment se portent, aujourd’hui les communes du Mono ?

Je pense qu’il y a des efforts qui sont faits ici et là en vue d’une bonne gestion des entités décentralisées. Cependant, il faut souligner que les déviances ne manquent pas. Ce qu’il est utile de souligner est qu’il y a une propension à s’éloigner des textes. Et c’est dangereux. Nous pouvons aussi dénoncer la petitesse des ambitions dont font preuves certains maires du département.

L’un des objectifs attachés au processus de décentralisation est la responsabilisation des collectivités locales. Elles sont plus proches des populations. Donc, elles sont supposées connaitre mieux leurs problèmes et, à ce titre devraient initier des projets et programmes pour solutionner ces problèmes rencontrées au quotidien par leurs administrés. Les Maires peuvent faire mieux.

La réalité n’est toujours pas celle-là. Malheureusement. Il est indispensable que nos maires rêvent et fassent preuve d’imagination pour la mobilisation de ressources additionnelles en vue du financement des travaux qu’ils engagent. Le triste constat est qu’ils ont de difficultés pour mobiliser des ressources propres et se focalisent, tous sur les fonds FADEC.

Il y a eu d’autres problèmes spécifiques par endroits tels la délinquance, les pratiques inappropriées de pêche, l’absence répétitive des enseignants en classe, le défaut d’engouement des parents dans le retrait des volets N°1 de leurs enfants, les problèmes d’insécurité, de santé, d’électricité et autres difficultés quotidiennes rencontrées par les populations.

Que faire alors dans ces conditions ?

Le Président de la République dans sa vision pour le Bénin travaille, déjà pour régler la plupart des problèmes évoqués par les administrés. Je peux évoquer l’électrification, la santé, l’éducation, les infrastructures. Les Maires doivent accompagner ce mouvement en mettant en œuvre des politiques de création de richesse. Nous n’allons pas tout le temps compter sur les fonds FADEC. Ces fonds prendront fin un jour. Les collectivités locales doivent compter sur leurs propres forces. J’appelle tous les maires à s’inscrire dans cette vision et les populations à les accompagner. C’est là que se trouve notre survie, la solution à nos problèmes communs. Je vous remercie.