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A l’Assemblée nationale ce 13 juillet 2015, c’est un triste spectacle qu’a offert notre ministre de la Culture, Paul Hounkpè. Envoyé au Parlement en lieu et place de son homologue du ministère de l’Agriculture pour répondre aux questions des députés dans le cadre de l’examen du dossier relatif au projet de loi portant autorisation de ratification de la convention de crédit consacrant le financement du Padac, il a passé son temps à tâtonner au point où il est devenu la star sur les réseaux sociaux. Les propos incohérents qu’il a tenus devant les députés sont balancés sur la toile pour que le monde sache ce que vaut un ministre de la Culture au Bénin ! « Nous allons… (Silence)……… Bon… (Silence)……….. les ….. . (Silence)………….le niveau euh… de synergie et le suivi. Ce projet….. Le cadre institutionnel…….. Padac est le plus ancré possible au niveau…………… (Silence)…………. du département des Collines… .(Silence)……….. Le cadre institutionnel fait place… fait une place de choix au Carder Zou. . (Silence)……………. Donc, le Carder Zou aura euh. (Silence)…………. à beaucoup contribuer…. Le ministère va servir justement d’interface avec les bailleurs. . (Silence)………….. La part des communes…… La part de chaque commune dans la participation sera étudiée…… au fur et à mesure que leurs besoins seront exprimés…. puisqu’il s’agira des projets à soumettre……………….. (Silence)………….. Alors s’agissant des filières. (Silence)………………….. Une étude sera conduite en début de projet pour retenir avec les acteurs des filières porteuses qui seront appuyés par le projet…. (Silence)……………………….. Je crois que en gros………….. (Silence)………… par rapport aux contributions il y a eu une grande flexibilité au niveau du projet et je crois que les communes ne seront pas pompées, harcelées par rapport aux contributions qui leur seront demandées… (Silence)……………. Le ministre de l’Agriculture même vient d’arriver. Nous n’étions pas très au courant. Je laisse compléter… », a bégayé le ministre de la Culture. Le verbatim de son intervention fait tout simplement honte. Il est difficile d’imaginer qu’un ministre de la République soit aussi malmené devant la représentation nationale. Même s’il n’intervenait pas sur un dossier relatif à son secteur, Paul Hounkpè est quand même sollicité pour représenter le ministre de l’Agriculture !!! Le minimum qu’il puisse faire dans ce cas, c’est de solliciter l’expertise des cadres de ce département ministériel pour obtenir les éléments qui lui permettront de défendre le dossier. Qu’a-t-il fait pour réussir son oral devant les parlementaires ? Pourquoi s’est-il perdu autant alors que c’est le gouvernement auquel il appartient qui a sollicité la tenue de cette session extraordinaire ? Est-il venu s’asseoir à l’hémicycle sans aucune fiche ? Qu’est-il arrivé à l’homme dont la nomination est perçue par les Béninois comme une récompense de sa pugnacité à vilipender les adversaires politiques de Yayi dans sa région ?

Evidemment, le seul fait d’arme de ce ministre avant son entrée au gouvernement est d’avoir publiquement diabolisé Mathurin Nago qui a osé parler de la bretelle de Bopa. Lui Yayiste bon teint avait voulu en découdre avec son frère de Bopa. Alors qu’il était maire de la ville, il a fait déverser dans la rue quelques femmes désœuvrées au discours insipide. Comme la nature sait régler ses comptes, c’est dans l’arène du même Mathurin Nago, professeur d’université, qu’il étale ses carences. Nommé ministre par son dieu sur terre pour régler des comptes à l’ancien président de l’Assemblée nationale, il s’est fait griller devant la représentation nationale. Paul Hounkpè s’est couvert de honte pour une première sortie d’envergure. De quoi donner l’insomnie à son chef qui doit vraiment réfléchir avant de l’envoyer sur de grandes manifestations. Au fait, le ministre de la Culture est-il aussi limité ?

Il est clair que Paul Hounkpè a perdu des points en faisant piètre figure à l’Assemblée nationale ! Pour montrer qu’il ne traîne pas des tares, il doit pouvoir améliorer sa prestation dans des conditions similaires. Il faudra souhaiter qu’il soit sollicité en tant qu’intérimaire d’un autre ministre. Ainsi, on verra ce qu’il vaut. Désormais considéré comme le dernier de la classe du maître Yayi, l’instituteur de profession n’aura donc pas besoin d’être confronté à une épreuve de dictée-questions ! L’essentiel pour lui est de s’accrocher pour mieux faire. « L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique ». Paul Hounkpè le sait sans doute.

 Epiphane Axel Bognanho