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uac2Après plus de trois mois de grève à l’université d’Abomey-Calavi, étudiants et professeurs retrouvent incessamment le chemin des amphithéâtres. La grève à l’Université  est depuis ce vendredi 07 août du passé et pour cause, le chef de l’Etat Boni Yayi a sifflé la fin de la récréation après avoir rencontré les différents protagonistes. Mais tout porte à croire que la fin de cette crise donnera naissance à une nouvelle si des mesures conséquentes ne sont pas prises.

Étudiants, enseignants et recteurs se sont entendus pour enterrer la hache de guerre. Les professeurs ont accepté de faire le sacrifice en accordant pour une dernière fois la seconde session aux étudiants, occasion pour ceux – ci de présenter des excuses publiques à leurs enseignants qui se sont sentis minimisés aux heures chaudes du mouvement campus mort. Plusieurs décisions ont été prises au cours de cette rencontre de la dernière chance où l’on pouvait noter la présence du premier magistrat de la République et le vice premier ministre chargé de l’enseignement supérieur François Abiola. L’une de celles-ci concerne la sécurité sur ce haut lieu de savoir. Le chef de l’État a promis prendre en charge lui-même ce problème et déjà ce samedi 08 août, le campus d’Abomey-Calavi est pris d’assaut par un nombre impressionnant d’hommes en uniforme. Est-ce le vœu de Boni Yayi qui se concrétise déjà ? Difficile de répondre pour l’instant à cette interrogation puisque les raisons officielles de cette descente musclée ne sont pas encore connues. Certains estiment que la présence des forces de l’ordre serait liée à une visite du président de la République. Mais pour d’autres, elles seraient sur le terrain pour vider les étudiants résidents dans les cabines universitaires.

Une autre crise en vue ?

L’alerte du renvoi des étudiants résidents dans les cabines universitaires a été déjà donnée il y a quelques jours. A ce niveau, plusieurs arguments sont avancés. Des sources parlent de l’expiration du ‘’ délai initialement prévu pour la fermeture de ces résidences universitaires. (31 juillet 2015, date marquant la fin de l’année académique en cours selon le calendrier du rectorat’’) Ou encore un moyen pour sécuriser le campus puisque les étudiants qui logent dans les cabines seraient à l’origine des routes barricadées et autres actes de vandalisme. Lorsque l’on considère l’un ou l’autre cas, la probabilité est forte qu’une autre crise soit en gestation puisque l’autorisation de la session de rattrapage induit ipso-facto une prolongation de l’année académique en cours. Le nouveau calendrier indique que étudiants et professeurs devront encore collaborer jusqu’au moins à la fin du mois de septembre. Où les étudiants résidents doivent – ils se loger pendant ce temps ? Si ce privilège leur est retiré,  une brouille risque de naître entre les autorités du Centre des œuvres universitaires et sociales Cous et les étudiants résidents. Les deux parties ont déjà enclenché les discussions pour la prorogation des délais dans les cabines mais jusque là, un terrain d’entente n’a pas encore été trouvé.

Marcus Koudjènoumè