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Marie-Odile AttanassoLa mesure de gratuité des frais d’inscription et des frais de formation en cours dans les universités publiques est maintenue. Le gouvernement a décidé de laisser courir le statu quo pour le compte de la rentrée universitaire 2018-2019. La ministre de l’enseignement supérieur Marie-Odile Attanasso l’a fait savoir dans un message rendu public le 7 octobre 2018 à Cotonou.

Les craintes des apprenants des universités peuvent désormais descendre. Leurs nombreuses appréhensions suscitées par les rumeurs d’une hausse folle des frais d’inscription sont finalement dissipées. La mesure de gratuité en cours dans les universités publiques est maintenue pour le compte de la rentrée universitaire 2018-2019. Dans son message, la ministre a été suffisamment claire « le gouvernement a décidé de maintenir le statu quo sur les droits d’inscription et de formation dans les universités nationales. Par conséquent, il n’y a ni retour des frais d’inscription, ni augmentation des frais de formation dans les universités nationales au titre de l’année académique 2018-2019. C’est pourquoi, les subventions seront accordées aux Universités nationales dans les mêmes conditions que l’année précédente, avec une possibilité d’augmentation, si les demandes exprimées par les rectorats sont justifiées », a-t-elle laissé entendre. Il est donc clair désormais que dans l’absolu, les apprenants des universités publiques sont totalement exonérés des frais d’inscription comme les fois antérieures. De même, par rapport aux besoins en accompagnement des universités dans le cadre de cette mesure de gratuité, le gouvernement a pris la décision de consentir comme il le fait, des efforts substantiels dans ce sens. « Tenant compte du contexte social national, et en attendant la réflexion prospective sur l’avenir de nos universités et leur gouvernance, sous l’impulsion du Conseil National de l’Education dont le processus d’installation est en voie d’achèvement, le gouvernement a retenu que les efforts d’investissements de l’Etat seront maintenus et soutenus, pour améliorer le cadre de vie et d’études des apprenants dans lesdites universités », a laissé entendre la ministre.

 Les réformes au niveau des allocations portent des fruits

 Pour la ministre de l’enseignement supérieur, la mise en place d’une plateforme informatique de gestion des allocations universitaires et leur bancarisation aux fins d’assurer la célérité dans leur traitement et le paiement à bonne date aux étudiants, est devenue une réalité depuis la rentrée académique 2016-2017. Cette importante réforme a suscité la prise du décret n°2017-155 de mars 2017 dont l’application a conduit à retenir un effectif global de 29 977 allocataires. Ce nombre couvre 14 197 anciens et 15 780 nouveaux, soit une augmentation de plus de 100% du nombre de bénéficiaires. Pour l’autorité, l’augmentation des fonds alloués aux bourses en 2018 a permis d’apurer des arriérés d’allocation sur la période de 2015 à 2017, à hauteur de 14.911.935.889 FCfa. Les allocations de l’année en cours, ajoute-t-elle, sont assurées à fin août pour 3.346.117.582 FCfa soit, à cette date, 18.258.053.471 FCfa engagés en 2018 au titre des allocations universitaires contre 7,5 milliards FCfa en moyenne par an jusqu’en 2015 à la veille de l’avènement du régime du Nouveau Départ. A ces efforts, l’autorité ministérielle est également revenue sur les réformes du gouvernement dans le domaine du renforcement des intrants du système universitaire. A ce niveau, elle a laissé entendre que depuis 2016, l’Etat consacre en moyenne chaque année 55.000.000.000 FCfa contre 38.000.000.000 FCfa en 2015, au fonctionnement des universités, de leurs personnels et de leurs programmes d’intervention. Autant d’avancées notables enregistrées dans le domaine de l’enseignement supérieur et qui témoignent de l’engagement sans faille du gouvernement à veiller à la qualité de l’enseignement au niveau du supérieur.

 Abdourhamane Touré

 

 Message du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique aux acteurs de l’université publique

  La rentrée universitaire 2018-2019 aura lieu le 15 octobre 2018. Dans ce cadre, le Gouvernement s’est penché sur la situation de nos Universités publiques, particulièrement sur la question des frais d’inscription et de formation. Cette démarche vise à tenir compte des réalités qui y ont cours, pour garantir l’accès de tous à la formation universitaire et le bon déroulement de l’année universitaire.

Ainsi, au titre des efforts, le Gouvernement tient à faire constater les importantes ressources engagées au profit des universités notamment la gestion des bourses et autres allocations universitaires, le renforcement des intrants du système universitaire, les infrastructures et équipements, la formation et le recrutement d’enseignants, pour ne citer que ceux-là. Lesdits efforts se déclinent ainsi qu’il suit :

  • Concernant la gestion des bourses

La mise en place d’une plateforme informatique de gestion des allocations universitaires et leur bancarisation aux fins d’assurer la célérité dans leur traitement et le paiement à bonne date aux étudiants, est devenue une réalité depuis la rentrée académique 2016-2017.

Une réforme importante a consisté en la prise du décret n°2017-155 de mars 2017pour une amélioration remarquable des pratiques alors en cours. L’application de ce décret a conduit à retenir un effectif global de 29 977 allocataires. Ce nombre couvre 14 197 anciens et 15 780 nouveaux, soit une augmentation de plus de 100% du nombre de bénéficiaires.

Les nouveaux allocataires sont des étudiants qui démarrent la première année d’étude à la rentrée universitaire 2018-2019. La fixation des quotas d’allocations universitaires au titre de cette rentrée et le budget alloué au payement des allocations au titre de 2018-2019 qui s’élève à 10 milliards de FCfa, ont donc produit un boom d’étudiants allocataires béninois.

Par ailleurs, l’augmentation des fonds alloués aux bourses en 2018 a permis d’apurer des arriérés d’allocation sur la période de 2015 à 2017, à hauteur de 14.911.935.889 FCfa. Les allocations de l’année encours sont assurées à fin août pour 3.346.117.582 FCfa soit, à cette date, 18.258.053.471 FCfa engagés en 2018 au titre des allocations universitaires contre 7,5 milliards FCfa en moyenne par an jusqu’en 2015 à la veille de l’avènement du régime du Nouveau Départ.

  • Concernant le renforcement des intrants du système universitaire

Depuis 2016, l’Etat consacre en moyenne chaque année 55.000.000.000 FCfa contre 38.000.000.000 FCfa en 2015, au fonctionnement des universités, de leurs personnels et de leurs programmes d’intervention. La politique d’allocation des ressources permet de mettre en phase la reconstruction du système éducatif avec les ambitions économiques du Gouvernement.

C’est ainsi qu’au chapitre des infrastructures et équipements, les efforts entrepris par le gouvernement depuis l’année 2016 se traduisent, entre autres, par :

– la Construction et l’équipement d’infrastructures administratives, pédagogiques et de laboratoires au profit des universités nationales d’Abomey-Calavi et de Parakou, de l’université d’Agriculture de Kétou ainsi que du Centre universitaire de Sakété.

– l’acquisition et la réhabilitation en cours d’un domaine à Ouidah, pour abriter la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG).

  • S’agissant de la formation et du renforcement de la qualité des ressources humaines

Pour donner plus d’employabilité aux formations dans les universités, l’Etat a créé de nouvelles filières qui rendront les étudiants directement employables à la fin d’une formation courte de 2 ans. Outre cette innovation, de nombreuses réformes ont été menées. On peut citer à titre indicatif:

–  la création de l’Institut National Supérieur des Classes Préparatoires aux études d’ingénieurs (Inspei) ;

–  la création des Instituts Universitaires d’Enseignement Professionnel (Iuep) : huit domaines de métiers ont été retenus par le Conseil des ministres (agriculture, tourisme, bâtiment, travaux publics, textile, arts et culture, vente et commerce, maintenance des véhicules) ;

– l’organisation des examens nationaux de Licence et Master au niveau des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur ;

– l’organisation des travaux de la sélection des nouveaux bacheliers qui valorise la compétence et assure l’équité ;

– la réorganisation du système d’attribution des bourses pour tenir compte des besoins en formation de l’économie nationale et faciliter leur utilisation optimum.

En vue d’améliorer la qualité de la formation et de corriger le ratio enseignant/étudiants, de nombreuses actions ont été menées. En effet, le Gouvernement a fait l’option de doter nos universités d’un nombre suffisant d’enseignants en 5 ans. C’est la raison pour laquelle un programme de recrutement de 200 doctorants est engagé pour alimenter les écoles doctorales avec l’espoir que dans trois (03) ans les universités publiques du Bénin auront à leur disposition 200 nouveaux assistants.

De plus, une vague de 100 assistants a été sélectionnée en juillet 2018 pour être recrutée pour les 4 universités nationales. Le processus de sélection de 100 nouveaux assistants sur le budget 2019 est en cours.

Il est à souligner que, tous ces efforts sont menés dans un contexte où la prise en compte du volet social a été une préoccupation constante.

  • Du maintien de la gratuité des frais d’inscription

En 2008, en l’absence de toute étude prospective visant à garantir l’équilibre financier des budgets des universités, la suppression des frais d’inscription dans les universités publiques a été annoncée.  Par suite, le décret n°2008-802 du 31 décembre 2008 portant prise en charge par l’Etat, des frais d’inscription des étudiants béninois non boursiers, non secourus et non-salariés dans les universités nationales du Bénin (Unb) a été adopté.

Pis, aucune mesure d’accompagnement n’a été prise pour compenser le déficit occasionné par cette décision. Par exemple, durant la période allant de 2013 à 2016, en moyenne 70% des étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi (étudiants non boursiers, non secourus et non-salariés) ont bénéficié de la gratuité des droits d’inscription. Mais seulement 40% des besoins de subventions annuelles ont été pris en charge par l’Etat. Cette situation occasionne chaque année un déficit de financement évalué en moyenne à 2 milliards de FCfa.

Aussi, pour compenser le déficit important, les responsables de nos Universités publiques ont-ils demandé la réinstauration des frais d’inscription, voire leur augmentation.

Mais, tenant compte du contexte social national, et en attendant la réflexion prospective sur l’avenir de nos universités et leur gouvernance, sous l’impulsion du Conseil National de l’Education dont le processus d’installation est en voie d’achèvement, le Gouvernement a retenu que les efforts d’investissements de l’Etat seront maintenus et soutenus, pour améliorer le cadre de vie et d’études des apprenants dans lesdites universités.

De même, le Gouvernement a décidé de maintenir le statu quo sur les droits d’inscription et de formation dans les universités nationales. Par conséquent, il n’y a ni retour des frais d’inscription, ni augmentation des frais de formation dans les universités nationales au titre de l’année académique 2018-2019.

C’est pourquoi, les subventions seront accordées aux Universités nationales dans les mêmes conditions que l’année précédente, avec une possibilité d’augmentation, si les demandes exprimées par les rectorats sont justifiées.

 Cotonou, le 07 octobre 2018