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differentes-cartesUtilisation des nouvelles cartes d’électeur assimilées à la carte d’identité: Des mesures scandaleusesAlors même que le président de la Cour constitutionnelle affirme que les anciennes cartes sont valables, parce que conçues pour 10 ans, le gouvernement, de son côté, exhorte les citoyens à voter avec les nouvelles cartes.
La semaine écoulée, le Président de la Cour constitutionnelle a déclaré que les citoyens peuvent utiliser leurs anciennes cartes parce que justement celles-ci ont une validité de dix ans. Selon le président Holo, tout électeur en possession de son ancienne carte ne peut se voir dénier le droit de vote le jour du vote parce qu’il a entre les mains un outil conçu pour 10 ans. En choisissant cette option à polémique, la Cour était dans la logique de parer à l’incapacité avérée du Cnt de produire les nouvelles cartes à tous les Béninois en âge de voter avant le 6 mars. On digérait difficilement cette décision quand le gouvernement, un peu comme sorti de nulle part, appelle à voter avec les nouvelles cartes. «Le conseil exhorte les populations à sortir massivement pour retirer leurs cartes et s’abstenir de les vendre aux candidats indélicats. Elles pourront accomplir en toute quiétude leur devoir citoyen le 6 mars et voter pour le candidat de leur choix », précise le conseil des ministres. Il semble que le gouvernement ne sait pas jusque-là qu’il est quasi impossible pour certains citoyens d’avoir les nouvelles cartes d’électeur dans certaines aires opérationnelles avant le 6 mars. Le gouvernement s’évertue à exhorter les citoyens à retirer leurs cartes alors qu’il n’y a aucune chance que celles-ci sortent des machines du Cnt. On voit la contradiction nette entre les décisions des deux institutions de l’Etat. La Cour constitutionnelle, d’un côté, soutient une position qui est totalement contraire à celle de l’Exécutif. A cette allure,on se demande finalement l’institution à suivre. La curiosité dans la décision du gouvernement est qu’il confère aux cartes d’électeur les attributs de carte nationale d’identité. Il semble qu’il y a une frange de la population qui, réfugiée dans les bureaux climatisés du palais, décide comme bon lui semble. Comment peut-on décider ainsi alors même que jusque-là la question de l’état civile n’est pas totalement résolue? Comment décider ainsi alors que des soupçons pèsent sur cette carte (des étrangers détiendraient des cartes d’électeur selon Jacques Ayadji) ? Comment décider ainsi alors que la liste électorale qui sert de base à la confection de ces cartes est jusque-là cachée au peuple ?Tout est sens dessus dessous.
AT
 Interdiction d’utiliser des portables dans les bureaux de vote
« Les forces de défense et de sécurité déployées autour des centres de vote veilleront à la mise en œuvre de l’interdiction d’introduire dans les bureaux de vote des moyens de communication à savoir des téléphones portables et autres gadgets du genre ». Le gouvernement affiche clairement sa volonté à lutter contre la transparence. Depuis l’ère du renouveau démocratique, c’est la première fois qu’on interdise à un électeur d’entrer dans un bureau de vote avec son téléphone portable. Il semble que les gens ont peur. Avec cette décision, le gouvernement veut empêcher les moyens mis en place par les structures parallèles pour faciliter la remontée de l’information. Il ne veut pas que les gens prennent les images des Procès verbaux et résultats affichés parce qu’on veut encourager la fraude. Le gouvernement veut mettre la force publique aux trousses des citoyens qui lutteront pour que les résultats des urnes soient connus du public. Il semble qu’on veut à tout prix semer le désordre pour remettre en cause le scrutin. L’affichage des résultats est public et tout citoyen peut prendre les images avec son téléphone portable.  L’en empêcher alors qu’aucune loi ne l‘interdit serait encourager le désordre. Cette décision ne répond à rien. Le gouvernement doit revoir sa copie.
Selon Joël Atayi Guèdègbé, il revient aux candidats et à la Cena de rapperler au gouvernement qu’il ne saurait interférer aussi scandaleusement dans l’organisation des élections.
AT