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Le combat contre les sachets plastiques sera rude

« Combattre la pollution plastique’’, c’est le thème retenu pour la célébration mardi 05 juin 2018 de la 44ème édition de la Journée mondiale de l’environnement. Cela à quelques semaines de la fin des six mois accordés à la phase de sensibilisation contre l’utilisation des sachets plastiques non bio biodégradables au Bénin, la répression s’annonce à grand pas.  

Le moratoire de 6 mois de sensibilisation s’achève en fin juin 2018. A l’issue de cette période, les contrevenants à la loi portant production, importation, commercialisation et utilisation des sachets plastiques non biodégradables s’exposent à des sanctions. L’échéance est proche, mais plusieurs commerçants et usagers des marchés ont encore du mal à concevoir la suppression des sachets plastiques non biodégradables de leur quotidien. « Supprimer ce sachet, c’est nous faire du mal. C’est ce qui nous permet d’emballer du sucre, du gari. Vous voulez supprimer nos gagne-pains ? » Autant de préoccupations des femmes revendeuses du marché Dantokpa. Une autre commerçante du même marché de renchéri : « Ce sera vraiment difficile d’abandonner les sachets plastiques. Les amuse-gueules et autres, nous les emballons dans ces sachets. Les bouteilles sont utilisées seulement sur commande pendant les fêtes ». D’autres utilisateurs des sachets plastiques se disent prêts à abandonner, mais par contrainte, puisque la loi prévoit des sanctions. Il y a fort heureusement dans ce lot, des usagers du marché Dantokpa qui ont compris l’enjeu en se déplaçant déjà avec  des sacs en raphia ou fabriqués à base de déchets de manioc ou de la jacinthe d’eau. A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, le ministre du Cadre de vie a rassuré la population : « La disparition des sachets plastiques ne posera pas un problème à la vie de tous les jours ». José Didier Tonato renseigne que la tendance doit être inversée. Le vote de la loi, a-t-il poursuivi, n’est pas une fin en soi, mais c’est le démarrage de notre action en faveur d’un cadre de vie sans sachets plastiques non biodégradables qui importe.

 Des mesures palliatives et transitoires

 Plusieurs solutions existent pour remplacer les sachets plastiques non biodégradables, a confirmé Bertin Bossou, membre de l’Unité de gestion et de la promotion des sachets biodégradables à la Direction générale de l’environnement et du climat (Dgec). Il s’agit, entre autres, des sacs réutilisables fabriqués à partir des vieux pantalons jeans, des tissus ou encore des sacs fabriqués à partir de la jacinthe d’eau. « Nous accompagnons ces groupements économiques qui œuvrent dans le domaine des alternatives. Il y en a suffisamment sur le territoire national. Les femmes qui utilisent la jacinthe d’eau pour fabriquer des paniers ont été dotées de barques motorisées par le ministère pour le ramassage de cette matière », renseigne Bertin Bossou qui ajoute que des contrats de partenariat ont été signés avec plusieurs Ong œuvrant dans le domaine des alternatives aux sachets plastiques non biodégradables. Des organisations sont suivies par les directeurs départementaux du cadre de vie. D’un autre côté, le Fonds national pour l’environnement et le climat (Fnec) appuie ces genres d’initiatives à partir des projets bancables. Des allègements fiscaux sont accordés aux entreprises qui s’investissent dans la production des sacs biodégradables. Par rapport à la porosité des frontières béninoises, les douaniers sont sensibilisés, des détecteurs de sachets biodégradables seront installés. Le ministère du Cadre de vie a mis en place une initiative qui vise à offrir aux citoyens un sac biodégradable contre 100 sachets plastiques non biodégradables. Une manière d’assainir le cadre de vie.

 Rôle des acteurs

 Une loi votée n’a son importance que lorsqu’elle est appliquée. Et c’est à cela que les défenseurs des causes environnementales s’attendent dans les tout prochains jours après les six mois de moratoire pour mettre fin à l’utilisation des sachets plastiques non biodégradables au Bénin. « Le plus dur devrait être l’application de cette loi dans tous les départements du Bénin », a confié Mélanie Glèlè Langanfin, présidente de l’Ong internationale ‘’Nyonnu Agoojié’’ qui milite pour l’adoption des sachets biodégradables. La responsable de cette association est favorable à la répression, mais pense également que la sensibilisation doit être permanente et intense, notamment dans les différents marchés du Bénin pour inverser les habitudes. Bertin Bossou, membre de l’Unité de gestion et de la promotion des sachets biodégradables à la Direction général de l’environnement et du climat (Dgec) estime, pour sa part,  que les autorités communales ont un grand rôle à jouer pour la réussite de cette lutte.

.Marcus Koudjènoumè