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MARCHE-BOHICONLes différents grands marchés des départements du Zou et des Collines sont inondés de produits périmés. Cette pratique savamment organisée et entretenue par les commerçants véreux  inquiète Herman Mèton, membre de l’Association pour  la défense des consommateurs. Face à l’ampleur du drame, il  estime que l’Etat a démissionné.
 « Les structures de contrôle et de  veille de l’Etat  sont défaillantes. Leurs actions sont  insignifiantes par rapport à l’ampleur du phénomène.  Nous consommons  très mal et il faut que cela interpelle l’Etat. En matière d’impôts, nous sommes pressurés, mais il  ne fait rien pour nous protéger », a déploré Herman Mèton, membre de l’Association pour  la défense des consommateurs. Dans son réquisitoire, il enfonce le clou en dénonçant les  contrôles ciblés qui visent uniquement  les pauvres dames. Il met également à  nu l’immixtion de la hiérarchie dans la gestion des produits saisis lors des contrôles et la mauvaise politique de l’Etat qui ne permet pas de libérer les moyens à temps. « Les agents  manifestent de la volonté. Mais, ils ont souvent  les mains liées », constate Herman Mèton.
 L’éclairage du Ddicpme/Zou-Collines
 Le  Directeur départemental d’industrie, du commerce et des petites et moyennes entreprises (Ddicpme) du Zou et des Collines a apporté quelques arguments pour éclairer Herman Mèton et les membres de son association. Après avoir expliqué de long en large le processus de contrôle des produits sur le marché et les structures mises en place à cet effet, il a estimé que le  mal est profond et provient des citoyens eux-mêmes. Malgré ses garde-fous, a-t-il souligné, les produits avariés se retrouvent sur le marché, qu’on le veuille ou non. « Je parie qu’on ne peut pas  tout contrôler  à nos différents postes de contrôle. On ne peut pas tout décharger et fouiller un à un les articles », a fait observer le Ddicpme Zou-Collines. Il a précisé que, par des procédés subtils, des commerçants béninois, très malins, échappent aux contrôles. Il a aussi incriminé les consommateurs. Selon lui, ils  doivent être  sanctionnés parce qu’ils encouragent la vente de ces produits à travers leur consommation. A propos de l’ingérence dans le traitement des articles saisis,  il a indiqué qu’au niveau départemental, sa structure de contrôle a le plein-pouvoir et la liberté d’agir.  «Il n’y a pas d’obligation de réserve en matière de contrôle chez nous.  Si nous saisissons, ce n’est que le tribunal qui peut nous dessaisir. Toutefois, les interventions ne manquent pas », a-t-il avoué.  Quelles que soient les mesures qui sont prises par l’Etat  pour garantir la sécurité alimentaire aux populations,  chaque citoyen  doit prendre conscience de sa vie. « Que votre aliment soit votre médicament », a conseillé le Ddicpme/Zou-Collines. Au-delà des attitudes à adopter,  Herman Mèton a suggéré au ministre du Commerce de veiller aux  publicités agressives et mensongères, d’organiser des descentes régulières sur les centres commerciaux et  d’y  mener des actions dissuasives et  de  répression.
 
Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)