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laurentLe syndicaliste Laurent Mètognon est accablé par un rapport d’audit. Il s’agit de celui de la mission de vérification des opérations de versement de commissions occultes à des dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss).  

71.994 millions de francs  Cfa ! C’est le montant mis à la charge du syndicaliste Laurent Mètognon. Selon le rapport de vérification diligenté par le gouvernement après l’alerte de donnée par la Commission bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine (Umoa), cette faramineuse somme aurait été versée en liquide sans décharge au Directeur financier pour le compte de certains dirigeants de la Cnss. Il s’agit là d’un grave manquement noté par les inspecteursau cas où les enquêtes se confirmeraient. Ceux-ci viennent donc de mettre à nu la mal gouvernance qui a caractérisé la gestion des dirigeants de la Cnss. Le rapport a décelé que dès 2008,   la Bibe s’est confrontée à des difficultés qui ont amené la Commission bancaire de l’Umoa à décider, le 13 décembre 2011, du retrait de son agrément. Les autorités monétaires et économiques béninoises ont cependant obtenu du Conseil des ministres de l’Umoa, en mai 2012, le placement de l’établissement sous administration provisoire, tout en conservant l’agrément. La Cnss a alors souscrit ou maintenu des dépôts à terme au niveau de la Bibe, en dépit des risques financiers inhérents auxdits placements, contre le versement des commissions occultes à certains dirigeants. Par ailleurs, il ressort des  investigations que la décision de placement des fonds des épargnants est prise par la direction générale,  après approbation du Conseil d’administration et de son président. L’analyse des placements effectués, au regard de la situation financière inquiétante de la banque, montre que lesdits placements ne l’ont été que dans l’intérêt des dirigeants de bénéficier de commissions occultes, au détriment des intérêts des épargnants et de l’Etat. Le risque financier relatif à cette opération inopportune est disproportionné par rapport aux bénéfices attendus par la Cnss. Au regard des agissements de la direction générale de la Cnss et du Conseil d’administration et de son président, il s’en suit que les placements opérés l’ont été sans perspective, dans le seul souci de se faire allouer des commissions. Les organes de la Cnss n’ont pas agi de manière à préserver ses intérêts. Bien au contraire, les placements étaient hasardeux. 17 milliards de francs Cfa seraient partis en fumée si le gouvernement du Nouveau départ n’avait pas pris la mesure salutaire de sauver les avoirs de la Cnss à la Bibe ainsi que les épargnes des clients en décidant de recapitaliser la banque.

Odi I. Aïtchédji