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fnm-fnpeej-anpeCela fait déjà plusieurs mois qu’on n’entend plus parler de certaines structures à caractère social créées au profit des jeunes, femmes et petites et moyennes entreprises. Leurs activités ne sont plus visibles, et la ruée des femmes et des jeunes vers ces Institutions ne s’observe plus comme par le passé. Pourquoi ce long silence alors que ça crie à la faim et au chômage au sein de l’opinion publique ?
En prenant l’initiative d’investiguer pour comprendre ce qu’il en est réellement avec le fonctionnement des Institutions spécialement créées pour soulager les peines des jeunes et des femmes, nous avons remarqué effectivement que les trois structures à savoir le Fonds national de la microfinance, le Fonds national pour la promotion de l’entreprenariat et l’emploi des jeunes et l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes sommeillent. Les activités motrices tournent au ralenti. La communication a chuté et le taux de chômage a certainement pris une ampleur considérable. Du coup, la crise économique actuelle que traverse le Bénin, à l’instar de beaucoup d’autres pays, est difficile à maîtriser. Les jeunes et les femmes semblent être abandonnés.
C’est vrai que les responsables des structures concernées que nous avons pu rencontrer n’ont pas reconnu cet état d’inertie. Ils se sont défendus par le fait que leurs administrations fonctionnent normalement. « C’est un silence apparent. A notre niveau. On travaille. La preuve, vous m’avez vu au bureau et je traite beaucoup de dossiers», a rétorqué Codjo Augustin Hounnou, chef département des études, planification, suivi et évaluation du Fnpeej, rencontré le jeudi 17 Novembre 2016 à son service. Selon ses explications, « le calme apparent observé depuis quelques mois est dû au fait que l’année en cours a été marquée par un processus électoral, avec un changement de régime. En plus de cela, il y a un  nouveau directeur général qui est nommé à la tête de la structure. Il est normal qu’on marque une pause pour qu’il s’imprègne des dossiers de la maison et voir ce qui est à améliorer, ou abandonner». Cela ne veut pas dire que cette pause est due à l’arrivée du nouveau directeur général. D’après Augustin Hounnou, il était d’ailleurs prévu une évaluation au Fnpeej. « Tout est déjà fait et le rapport sera achevé et déposé à qui de droit très bientôt », a-t-il ajouté pour annoncer que de nouvelles réformes permettront au Fnpeej de bien se relancer très prochainement. « Malgré l’évaluation et le silence apparent, nous travaillons avec les jeunes. Cette année, le Fnpeej a financé 100 projets », a-t-il dit pour reconnaître que ce chiffre est en dessous des résultats de l’année (environ 250 projets de jeunes et 1099 femmes financés en 2015). Dans tout son développement, Augustin Hounnou est resté dans la logique de ce que 2016 est une année spéciale et qu’il fallait forcément cette pause, non seulement pour l’évaluation, mais aussi pour éviter des confusions. Mais, aucun problème de moyens ne se pose dans sa structure. L’abattement de budget n’a pas concerné les crédits alloués aux financements des projets. Pour lui, il fallait faire attention pour éviter que les bénéficiaires ou même l’opinion publique confonde les actions du Fnpeej aux activités politiques. 
 Plus de 500 millions de Fcfa d’impayés    
Dans les réformes du Fnpeej, Augustin Hounnou a annoncé beaucoup de modifications. A l’écouter, plus rien ne sera comme avant. Le financement des projets va suivre une procédure qui permettra d’éviter les forts taux d’impayés comme ce fut le cas les années antérieures. Par exemple, en voulant opter pour le faire-faire, le Fnpeej s’est mis en partenariat avec huit (8) services financiers décentralisés (Sfd) à qui de l’argent a été remis pour financer les bénéficiaires. Malheureusement, a-t-il déploré, quatre de ces Sfd sont en difficulté. Ils n’ont pu faire les recouvrements comme cela se doit. Financement, c’est 49% de remboursements qui ont été faits sur 1,3 milliard de Fcfa, l’année écoulée. Il a souligné que ce n’était pas forcément la faute aux Sfd, mais plutôt au système de financement des projets et à l’inconscience de certains bénéficiaires. Les réformes tiendront compte de tout cela à l’avenir, selon ses assurances.
 La rentrée s’annonce à l’Anpe
A l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (Anpe), la pause tire à sa fin. Djibril Habib, directeur de l’emploi salarié, de l’orientation et de la prospection ( Desop), nous a rassurés. Comme au Fnpeej, il a refusé notre idée de pause ou de somnolence. Lui aussi a indiqué que l’administration fonctionne très bien à l’Anpe et que chaque agent remplit régulièrement sa mission. Avec les jeunes, le contact est maintenu, même si l’affluence n’est plus la même comme à l’accoutumée. Le Dsop a déclaré que cette année, un millier de jeunes sont placés dans des structures. Les techniques de recherches d’emploi ( Tre) se poursuivent normalement, ainsi que le traitement des dossiers. Seulement, a-t-il reconnu, le chiffre est inférieur à celui de l’année dernière. La raison, selon Djibril Habib, n’est rien d’autre que la spécialité de l’année 2016. Les élections ont impacté les programmes.
A la question de savoir si le manque de financement aussi n’a pas joué sur les activités à mener au cours de cette année 2016, Djibril a répondu franchement « oui », mais avec une nuance. Le Gouvernement a mis les moyens nécessaires et les comptes sont effectivement crédités. Mais, une affaire de compensation entre la banque partenaire et le trésor public a agi sur les dépenses. C’est ce qui explique, selon lui, le retard dans le paiement des stagiaires sur le terrain.
Visiblement, toutes ces difficultés seront conjuguées au passé très bientôt. Les explications fournies par le Desop ont montré que les réformes opérées vont permettre d’éviter ces problèmes à l’avenir. Il a annoncé la tenue d’un important évènement qui va relancer les activités de l’Anpe, dans la perspective de 2017. Le lancement est prévu pour le lundi 21 Novembre 2016.
 Situation confuse au Fnm
Au Fonds national de la microfinance ( Fnm), c’est une situation difficile à interpréter. A notre connaissance, tout est arrêté, en attendant la fin de l’audit en cours. Toutes nos tentatives pour rencontrer la directrice générale et même le directeur des opérations ont échoué. Aucun d’eux n’a pu nous répondre. Mais des personnes proches de l’institution nous ont fait savoir que le microcrédit aux plus pauvres ( Mcpp) est à la pause. Victoire Pèdé, responsable de Aphedd Bavec a dit la vérité en des termes voilés. « C’est le Gouvernement qui a initié son projet. Nous, on est que des partenaires. Si l’Etat décide d’arrêter, rien ne nous concerne. L’administration est normalement une continuité. Nous avons continué ce que nous faisons dans notre structure depuis sa création.», voilà ce qu’elle nous a déclaré au téléphone sans entrer dans les détails. On y comprend simplement que les Sfd vont reprendre contact avec le terrain si le Fnm met les moyens à leur disposition.
Mieux que le Mcpp, il y a d’autres produits dont le financement se fait par tranche. C’est à ce niveau que le Fnm pourrait perdre beaucoup. Si un exploitant agricole ou un artisan devrait bénéficier d’un crédit réparti en des tranches et qu’après le paiement des deux premières, on suspend le programme, que va-t-il faire ? D’abord, il perd et ensuite, il ne sera plus en mesure de rembourser. La pause au Fnm risque d’engendrer des manques à gagner pour l’Etat. De même, elle met en difficulté ces nombreuses femmes bénéficiaires et tous les autres porteurs de projets.
 Félicien Fangnon