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unfpa couffo

Les femmes relais communautaires du Couffo sont désormais mieux outillées afin de sensibiliser leurs pairs sur les violences basées sur le genre. Cela, grâce à l’atelier initié à leur intention dans le cadre de la mise en œuvre du programme Unfpa-Fao. Les travaux se sont déroulés, lundi 06 août 2018, au Centre de promotion sociale d’Aplahoué.

Plusieurs communications ont été présentées par des spécialistes de la question au cours des travaux. Barnabé Sokémahou, Chef service de l’alimentation dans le Mono, Marie Josée Tossou, sage-femme, capitaine Séraphin Tossou, le magistrat Samuel Noutohou et l’assistance sociale Sylvie Fanout Gbaguidi ont respectivement fait des exposés sur la nutrition, la planification familiale, la démarche à adopter en cas des violences faites aux femmes, les peines prévues par la loi pour punir les auteurs de violences basées sur le genre. Dans une approche participative, les bénéficiaires du programme ont revisité les notions à eux inculquées par les praticiens. Dans son exposé, le spécialiste des questions de l’alimentation a expliqué le comportement alimentaire à avoir pour être en bonne santé. La sage-femme, quant à elle, les a invitées à espacer les naissances en adoptant au besoin la méthode de planification familiale pour mieux s’occuper de leurs foyers. L’homme de sécurité, dans sa communication, à exhorté les femmes à dénoncer sans ménagement les actes de violences exercés sur elles par leurs conjoints ou par tierce. De même,  il a indiqué la procédure à suivre pour se protéger et protéger leurs enfants contre les violences basées sur le genre. Le praticien de droit a mis en exergue les différentes peines privatives de liberté que les auteurs des actes de violences basées sur le genre encourent avant d’inviter l’assistance  à laisser les enfants choisir eux-mêmes leurs conjoints et à surtout faire désormais l’option de la dot symbolique constituée d’un litre de Sodabi, d’une Colas et d’une enveloppe de mille franc Cfa pour rompre avec les mariages précoces et intéressés.

 Quid du projet Unfpa-Fao ?

 Lancé en 2015, ce projet est mis en œuvre par l’Unfpa, en collaboration avec la Fao, le ministère de la Justice, le ministère des Enseignements maternel et primaire, le ministère de la famille et le ministère de la santé. Il a pour objectif de prévenir la violence basée sur le genre. « On n’était pas habitué aux dénonciations. Aujourd’hui, ce projet a permis aux femmes et aux hommes relais des informations relatives aux violences basées sur le genre dans leurs communautés, de faire des dénonciations dans toutes les communes impactées  par ce programme. On a mis en place une stratégie de telle sorte que, dès que qu’une fille doit être donnée en mariage ou violée, les comités fassent des dénonciations », a déclaré l’assistante sociale. A l’entendre, à la fin de leur formation, les femmes ont souhaité que leurs maris soient aussi formés sur les mêmes thématiques afin que tous soient au même niveau d’information. D’ou la mise sur pied de l’association  »Les hommes s’engagent contre les violences basées sur le genre ».  Selon elle, l’autre volet du projet est de mettre à la disposition des 150 femmes formées des bovins et des caprins pour leur faciliter l’autonomisation afin de s’occuper surtout de la scolarisation des enfants. « Le programme nous a permis de connaître nos droits surtout sur l’héritage. Grâce à la mise en œuvre de ce projet, les violences basées sur le genre ont diminué ainsi que les mariages précoces », a confié l’une des bénéficiaires du projet Obubé Bocokpè. En vue de la prévention des violences sur la femme, une sensibilisation  a été faite en direction des hommes au Centre  de promotion sociale de Dogbo. Ici, l’exercice est le même. Réunis au sein du creuset « Les hommes s’engagent », ils ont été sensibilisés sur les mêmes thématiques que leurs épouses. « Nous rencontrons beaucoup de difficultés liées à la mauvaise interprétation de nos actions », a expliqué Gabriel Djossou. Certaines personnes   pensent que le fait de reconnaître ses droits à la sa femme constitue une autorisation à une vie de débauche. « Étant resté au Parquet d’Aplahoué, j’ai constaté que depuis que ce projet est mis en œuvre les choses ont évolué. Les dénonciations sont faites. Les procédures sont engagées, des hommes sont condamnés et d’autres ont renoncé aux violences à exercer de sur les femmes », a précisé le magistrat Noutohou.

 Odi I. Aïtchédji