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violences-femmesLa lutte contre les Violences faites aux femmes et aux filles prend une nouvelle dimension au Bénin avec le projet « Zéro violence ». Le Centre d’actions et d’éducation pour le développement (Caed-Ong) avec le soutien financier de l’Organisation internationale de la francophone (Oif), incorpore les Technologies de l’information et de la communication (Tic) pour renforcer le combat contre phénomène. Les plateformes conçues dans le cadre dudit projet ont lancées à Savè, vendredi 7 septembre 2018 par le Directeur du Bureau régional Afrique de l’Ouest de la francophonie, Eric Adja.
@zeroviolencebj, www.zeroviolencebj.org, www.youtube.com/zeroviolencebj et « Zéro violence ». Voilà les adresses des plateformes Facebook et Twitter, le site internet, la chaîne Youtube et l’application mobile auxquelles les populations doivent désormais avoir recours pour lutter efficacement contre les Violences faites aux femmes (Vff). Elles ont été conçues dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Zéro violence », qui consiste à utiliser les Technologies de l’information et de la communication (Tic) pour renforcer le combat contre le fléau. L’initiative qui a fait objet de lancement à Savè vendredi dernier, porte la marque de l’Ong Centre d’actions et d’éducation pour le développement (Caed) avec l’appui financier de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif). Selon la présidente de Caed-Ong, Juliette Ogbonikan et le chargé du projet Francis Adanlao, les Vff constituent une gangrène au développement. C’est convaincu de cela que Caed-Ong a décidé depuis plusieurs années de faire de la lutte contre le phénomène l’une de ses principales thématiques. A cet égard, la volonté d’innover pour mieux répondre aux besoins des populations ont poussé les responsables à initier le projet « Zéro violence » qui propose l’utilisation des Tics pour obtenir de meilleurs résultats. « L’intégration des Tic dans la lutte permettra de faire tomber les barrières géographiques et rendra possible une action simultanée sur de nombreuses personnes tout en réduisant les coûts », a fait savoir le chargé du projet. Dans leur ensemble, les interfaces créées proposent un espace d’information, de mobilisation sociale et de renforcement de capacités, un cadre d’assistance juridique et d’orientation au profit des victimes et un espace d’échanges de bonnes pratiques et de partage d’expériences sur les Vff. Sur les différentes plateformes, des détails sont donnés sur les infractions récurrentes telles que les coups et blessures volontaires, le harcèlement sexuel, le viol, le mariage précoce et/ou forcé, la polygamie et le placement d’enfant. Egalement, sont mis en ligne, les textes de lois relatifs à la prévention de la répression des Vff, les mutilations génitales féminines, la santé sexuelle et de la reproduction, le Code des personnes et de la famille et celui de l’enfant etc. Il en de même, de la création de cadres tels que l’espace Bandes dessinées, Fora de discussion, Annonce et recherche d’événements, et Badges numériques gratuits.
Présent à la cérémonie, le maire de Savè, Timothée Biaou, s’est réjoui du fait que la francophonie des solutions et de proximité prônée par la Sg de l’Oif, Michaëlle Jean, est de plus en plus une réalité à travers la mise en œuvre du projet « Zéro violence » à Savè. « L’effectivité de ce projet me conforte davantage dans l’idée que le développement se jouera désormais pour une large part sur le terrain du numérique », a témoigné l’autorité communale. Il poursuivra en faisant remarquer que « Zéro violence » est en phase avec le contenu du Plan de développement communal qui fait de la lutte contre les discriminations de genre en général et contre les Vff en particulier, l’une des priorités de la Commune.
A sa suite, le représentant du député André Okounlola, Rafiou Challa, et le Directeur départemental des affaires sociales et de la microfinance, Zacharie Adégnandjou, ont salué le choix du cadre virtuel par Caed-Ong pour faire reculer les Vff. Ils ont invité les populations à utiliser les interfaces sans modération aux fins d’éradiquer le fléau.
Pourquoi l’appui de l’Oif
Face à la non-régression des Violences faites aux femmes et aux filles malgré les lois adoptées et les efforts de mobilisation sociale, il urge aujourd’hui, de sensibiliser les jeunes en leur procurant les bonnes informations et tout en utilisant les canaux appropriés. C’est fort de cela que l’Oif a accepté d’accompagner le projet « Zéro violence ». Pour le Directeur du Bureau Afrique de l’Ouest de la francophonie, Eric Adja, le recours à internet via les réseaux sociaux,  les sites internet et les applications mobiles que les jeunes utilisent le plus aujourd’hui pour lutter contre les Vff est plus qu’efficace. « A l’Oif, nous sommes persuadés que le numérique constitue un levier important de développement dans les pays francophones du sud. C’est en toute logique que nous avons apporté notre soutien au projet « zéro violence » qui est à la croisée de deux thématiques transversales et prioritaires de l’Oif que sont l’égalité femme-homme et le numérique », a-t-il confié. Raison pour laquelle, l’Oif a accepté de financer le projet « Zéro violence » à hauteur de 13 millions de FCfa.
Profitant de l’occasion, l’émissaire de Michaëlle Jean a donné le top des activités du programme « Libres ensemble » au Bénin. Une initiative lancée le 10 mars 2016 pour prévenir le risque de radicalisation politique, idéologique, sociale et religieuse menant à la violence.
Serge Adanlao