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Les violences faites contre ces filles seront bientôt éradiquées dans le Mono et le Couffo

Les autorités préfectorales et communales du Mono et du Couffo s’inscrivent dans la même dynamique que les Ong qui luttent contre les violences faites aux filles. Elles se sont engagées à mener la lutte à travers des séances de sensibilisation et de plaidoyer à l’endroit des décideurs politiques et des parents d’élèves.

Chaque année, de nombreux enfants sont violentés sous plusieurs formes telles que le châtiment corporel, les viols et les harcèlements sexuels. Parmi ces petits enfants,  il y a des filles qui font l’objet de violences sexuelles. La dernière en date est celle d’un enseignant ressortissant du département du Couffo qui est décédé dans une chambre de passage à la suite d’un rapport  sexuel qu’il a entretenu avec une de ses apprenantes. Dans le mois de mai, un directeur d’école a été arrêté en flagrant délit de rapport sexuel sur une de ses apprenantes dans l’une des communes du département du Couffo. Et chaque jour que Dieu fait, ces genres d’actes sont quotidiennement commis sur les petits enfants. Cet état de choses constitue selon les organisations non gouvernementales, un frein à l’épanouissement de l’apprenant. Cette pratique entraine chez l’enfant, selon elles, la déperdition scolaire, le mariage précoce des filles, et les grossesses non désirées. Alors, pour réduire les impacts négatifs de ces violences en milieu scolaire, Graib-Ong et Cbdiba-Ong ont, avec le concours financier de Plan International Bénin, organisé, le vendredi 9 juin 2017 à la salle de conférence de la préfecture d’Aplahoué, une table ronde départementale sur la protection de l’enfant à l’école. Cette rencontre qui s’est déroulée en présence des directeurs de l’enseignement maternel et primaire, des enseignants et des représentants des préfets vise à formuler un plaidoyer pour la réduction des violences scolaires. Il s’agira de sensibiliser les enseignants sur les textes juridiques réprimant les harcèlements sexuels en milieu scolaire et d’organiser des séances d’échanges sur les conséquences de ces derniers en vue de promouvoir la culture de la non-violence en milieu scolaire. Ouvrant la séance, le représentant du préfet  du département du Couffo, Comlan Jean Houétognon a souligné que cette cérémonie va permettre aux enseignants de booster les résultats scolaires et de mettre en œuvre les nouvelles réformes entreprises dans le milieu scolaire. « Il faut que ces Ong élargissent les actions de protection non seulement en milieu scolaire, mais aussi dans les ménages. Elles doivent enseigner aux enfants que leur avenir dépend de ce qu’ils font aujourd’hui », a-t-il confié. Quant aux parents d’élèves, le représentant du préfet les a exhortés à enseigner à leurs enfants le sens du travail bien  fait afin que le Couffo soit un modèle dans le domaine scolaire. « J’invite chacun de vous à prendre les dispositions idoines pour l’amélioration du taux scolaire dans le Couffo », a-t-il conclu. Dans son allocution, le représentant de Graib-Ong a précisé que cette rencontre vise à initier des séances d’échanges sur le contenu des chartes scolaires et à sensibiliser les populations sur les méfaits du trafic d’enfant et du mariage forcé. Pour le conférencier, cette rencontre a pour but de sensibiliser les associations des parents d’élèves sur leurs rôles et responsabilités dans la protection des enfants. «Cette séance a pour mission d’élaborer un plan d’actions pour le suivi des recommandations et de permettre aux participants d’avoir un aperçu du niveau de réalisation des recommandations », a-t-il souligné. Graib Ong avait tenu au cours du mois d’avril une table ronde départementale, sur la même thématique afin de sensibiliser les acteurs en charge de cette lutte. A l’ouverture de l’atelier, le Secrétaire général de la Préfecture d’Aplahoué, Jean Comlan Houètognon, avait  fait remarquer aux participants que l’éducation est la base du développement de toutes les nations. L’objectif de cette table ronde, avait-t-il ajouté, est de partager avec les participants les résultats issus des enquêtes effectuées sur la situation des enfants en milieux scolaires dans le département du Couffo afin de susciter des engagements au sein des acteurs pour l’élaboration d’un plan d’actions sur la protection des enfants.
 L’Administration, partie prenante
 Très indignés par les conséquences fâcheuses des violences faites aux filles, les cadres et autorités du ministère de la Fonction publique et des Affaires sociales se sont engagés, avec l’appui financier et technique de l’Unfpa, à former cent cinquante hommes sur  les violences faites aux femmes et filles dans les foyers. Venus des communes de Dogbo, de Djakotomey et d’Aplahoué, les participants ont été imprégnés de la mise en place d’un système de référence et de formation pour le renforcement des capacités sur la santé sexuelle et de reproduction. Dans son adresse, le préfet du Couffo, Christophe Mègbédji, a indiqué que les femmes continuent d’être confrontées à des inégalités et à une discrimination qui les empêchent de se réaliser pleinement. Le représentant résident de l’Unfpa, Koudaogo Ouédraogo, a regretté cette forme de marginalisation dont sont victimes les femmes qui constituent la majorité des pauvres en Afrique. « Elles sont les plus nombreuses dans les unités de production, en particulier l’agriculture, alors qu’elles possèdent très peu ou pas du tout de terres », a-t-il révélé. Selon lui,  il faut que les femmes manifestent leur volonté à mettre en place un mécanisme de référencement pour la prise en charge des victimes des violences faites aux femmes. Prenant à son tour la parole, le secrétaire général du Ministère de la Fonction publique et des Affaires sociales, Florentin Nangbé, a fait un tour d’horizon sur le rapport 2013 consacré à l’état de la population mondiale publié par l’Unfpa. Dans cette bataille, les responsables du projet ‘’Vikanxixo’’  ne sont pas restés du reste. Ils multiplient des actions et stratégies de lutte contre ce phénomène dans le département du Mono. En effet, pour bien mener cette lutte, l’Ong Gajes a rassemblé au début de l’année, ses partenaires autour d’une table ronde pour  les sensibiliser sur l’urgence de la lutte contre les violences faites aux filles. Pour la représentante de l’Ong Gajes, la majeure partie des missions à elle assignée a été réalisée. Au moins 98% des activités relatives à la sensibilisation et à la formation sur les violences faites aux filles ont été réalisées. Cependant, beaucoup de choses restent à faire, selon elle, pour éradiquer les violences faites aux filles. Pour ce faire, elle a promis se battre pour sensibiliser les collectivités locales et leaders religieux sur l’éducation des filles à l’école. Autant d’actions qui présagent de la fin des violences faites aux filles à l’école ou dans les ménages dans les départements du Mono et du Couffo.
 Claude Ahovè
 (Br Mono-Couffo)