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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Le chef de l’Etat s’est livré à un exercice dangereux

Lorsqu’on n’a rien à dire, il faut se garder d’émettre des inepties. Avant même l’ouverture de la campagne électorale, le président Yayi Boni, à court d’inspiration, fait des déclarations indignes de son titre de chef d’Etat. Son thème de campagne illustre à quel point le Docteur en finances reste toujours assoiffé du Pouvoir, à douze mois francs, de son dernier mandat.

Partout où il passe dans le septentrion, le président Yayi Boni, dans la posture du leader des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), tient des propos inquiétants. Le contenu est si fort de sens qu’on perd la face d’entendre des propos aussi dangereux et porteurs de germes de troubles sociaux émanant du Chef de l’Etat. « Ne votez pas pour eux. Ils ont vendu leur âme aux Fons du Sud ; Ces mêmes Fons qui veulent me chasser du pouvoir ». Radio mille collines n’a pas besoin de relayer de tels propos pour embraser le peuple. Ils suffisent à eux seuls, à l’endroit où ils ont été émis, pour que le tissu social soit décousu. Mais fort heureusement, la maturité politique des Béninois et les facteurs sociolinguistiques et culturels qui font que tous les Béninois se sentent chez eux partout où ils sont, évitent que le pire advienne. Autrement, Yayi Boni a démontré qu’il est en panne d’inspiration pour conduire sa liste électorale pour en tirer le maximum de députés souhaités. Yayi et ses associés cultivent à outrance, le régionalisme primaire. Dans ses propos, il affirme : « Ces Fons ont tenté de m’assassiner ». Et pourtant, à l’issue des revers juridiques que lui a infligés la Justice, dans le cadre du dossier ‘’tentative d’empoisonnement et d’assassinat du chef de l’Etat’’, il avait déclaré qu’il a pardonné ses présumés bourreaux… Il est curieux et regrettable de constater qu’il remue le couteau dans la plaie lorsqu’il déclare : « Talon va venir pour détruire tout le Nord ».

 Dévolu sur l’environnement

 Le Parc national de la Pendjari, véritable réserve de biosphères, classé dans le patrimoine de l’Organisation des nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), est livré à la colère de Yayi Boni. Il en est de même du parc régional du W que partage le Bénin, le Niger et le Burkina Faso. Dans son élan de séduire l’électorat, Yayi Boni a fait ingurgiter à ses partisans, la substance de la division. Son ancien ministre de l’agriculture, Sabaï Katè, premier candidat titulaire de la liste (Fcbe) dans la deuxième circonscription électorale, propage partout, aux bouviers, qu’ils peuvent « faire paître leurs bétails dans le parc du W ». Or, ces réserves de faunes et de flores sont destinées à perpétuer les espèces en voie de disparition. L’intention de Sabaï Katè, en lutte avec Bani Samari dans la même circonscription électorale, est de manifester sa générosité aux éleveurs qui, par ces temps de rareté d’herbes, souffrent le martyr pour permettre aux animaux de brouter l’herbe. Les ‘’portes du W’’ ont alors été ouvertes à cette démesure qui conduit à un drame environnemental. Du côté de Tanguiéta, et pour en découdre avec Antoine Dayori, il est autorisé aux braconniers de tuer tout ce qu’ils trouvent sur leur passage dans le parc de la Pendjari. C’est la logique d’invincibilité que prônent Yayi Boni et ses sbires.

 Constitution de parjure

 Le président Yayi Boni n’a pas que violé des dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990. Il s’est fichu royalement de deux épitaphes qu’ont laissé feus Mgr Isidore de Souza et le président Hubert K. Maga. Pour ce qui est des dispositions constitutionnelles, c’est d’abord l’article 2 dont le premier alinéa stipule : « La République du Bénin est une et indivisible, laïque et démocratique. » qui a été violé. Il s’ensuit la méconnaissance par le Chef de l’Etat de l’article 7 relatif aux « droits et les devoirs proclamés et garantis par la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l’Organisation de l’Unité Africaine, et ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986 ». En tenant des propos régionalistes, le président Yayi est aussi passé outre les dispositions de l’article 41 qui énoncent : « le président de la République est le Chef de l’Etat. Il est l’élu de la Nation et incarne l’unité nationale… » Par surcroît, le président a gravement violé le serment qu’il a prêté les 06 avril 2006 et 2011. « Nous Yayi Boni, président de la République, élu conformément aux lois de la République jurons solennellementde respecter et de défendre la Constitution que le Peuple béninois s’est librement donnée; de ne nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine, de consacrer toutes nos forces à la recherche et à la promotion du bien commun, de la paix et de l’unité nationale…En cas de parjure, que nous subissions les rigueurs de la loi ». A la lumière de tout ce qui précède, le parjure est bien constitué. Par ailleurs, en agissant de la sorte, Yayi Boni n’a pas daigné mettre en pratique l’héritage de feu président Hubert Maga. « Je vous laisse en héritage ma vie, pour que jamais du sang ne coule dans ce pays » épitaphe gravée à l’entrée du mausolée du couple présidentiel à Parakou. Mgr de Souza, pour sa part, à la Conférence nationale de février 1990, concluait les travaux par : « Plaise à Dieu qu’aucun bain de sang ne nous éclabousse et nous emporte dans ses flots. » Ces belles paroles de ces deux illustres personnalités béninoises ont été travesties par le président Yayi à la recherche d’une majorité parlementaire en fin de mandat présidentiel.

 Jean-Claude Kouagou

Aux bons soins d’une Fon

 Le président Yayi Boni se rappelle-t-il, chaque fois qu’il veut prononcer les phrases qui opposent les ethnies béninoises, que la première Dame Chantal de Souza, qui s’occupe de lui n’est pas de l’Atacora? Elle n’est ni du Borgou, ni des Collines. Elle est Fon. Est-il décent que le premier magistrat qui radie les autres, tienne des propos de telle nature ? Joseph Ahanhanzo Glèlè, ancien ministre de Yayi, prince d’Abomey et de Nikki (maternellement) ne peut jamais se retrouver dans de tels délires. En opposant chaque fois, le Nord et le Sud, et mieux, les ethnies du Nord à celles du Sud, Yayi Boni ne mérite plus la confiance des Béninois. Il oublie, au demeurant, que des anciens présidents originaires du Nord ont épousé de braves et vaillantes femmes du Sud qui leur ont assuré leur progéniture et leur bonheur. Attention aux escalades verbales !

JCK