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boni-yayi-2Le chef de l’Etat, Yayi Boni, trouve une autre parade pour magnifier son innocence. En plus de ce qu’il n’est jamais au courant, Yayi Boni pense que ce sont les cadres qui l’entourent qui sont corrompus. Yayi Boni est « propre », ce sont ses collaborateurs qui sont « pourris ». (Lire ci-dessous un extrait de la déclaration du président de la République).

«…Il y a de scandales partout. Cela ne date pas de notre ère, à la seule différence qu’hier, avant notre arrivée, eux ils les cachaient. Tout ce qu’ils faisaient, ils cachaient. Ceux qui crient aujourd’hui, cachaient. Obama a dit que le meilleur gouvernement, c’est celui-là qui met en relief ses insuffisances, ses faiblesses. Et c’est pourquoi nous avions décidé d’aller à la transparence. Si nous constatons des insuffisances, nous disons, il y a telle insuffisance à tel endroit. Les scandales Icc Services, Cen-Sad, qui les a signalés ? C’est moi. C’est moi qui ai signalé. Prenez la Cen-Sad, c’est moi qui ai signalé, qui ai demandé qu’on fasse un audit. L’Ige est allé faire l’audit. J’ai réuni le conseil des ministres. J’ai sanctionné le ministre. Je l’ai envoyé à la Haute cour de justice. Où se trouve ce dossier aujourd’hui et c’est toujours les mêmes, puisque nous avons des députés professionnels qui sont là et, quand ils parlent, leurs chansons, c’est les scandales ? Dans les grandes démocraties, le président, son rôle, c’est de nommer. Je ne vais pas nommer les Indonésiens pour venir travailler dans l’administration béninoise. Dans d’autres pays, un ministre qui commet quelque chose, c’est lui qui est ciblé. Dans mon pays, c‘est le président qu’on voit. C’est dramatique ! Cette question d’eau, je disais qu’il faut donner un délai pour que la République sache ce qui s’est passé. C’est vraiment dramatique ! Qu’est-ce que nous avons constaté. Deux personnes. Un certain Codo du Couffo, m’a-t-on dit. Un autre Niéri. Je n’arrive pas à prononcer le nom. Je crois de l’Atacora qui est beau-frère de Bocco Olivier. Est-ce qu’on va vous présenter encore Bocco Olivier ? Vous connaissez la clique, le réseau. En fait, c’est des entreprises en poche. Je vous le jure. Ils ont créé des entreprises en poche. Et finalement, on a découvert. Le cabinet qu’on a sollicité, un cabinet de renommée mondiale qui a su montrer aux Américains là où Sadam Hussein a caché l’argent des Irakiens, a essayé d’écouter les uns les autres et de reconstituer pour arriver à cette vérité. Huit milliards qu’ils ont pris. Dans les huit milliards, vous avez les 2 milliards 5 de l’assistance pour l’eau donnés au peuple béninois par les Hollandais. On a même dit que si c’est 1 milliard, nous sommes prêts pour voir clair. J’ai demandé qu’on m’identifie les auteurs. Ça a été fait et c’est clair. Les sanctions ont été prononcées. Le gouvernement continuera de renforcer le dispositif de sanctions administratives et disciplinaires. Ils ont été radiés, radiés, radiés définitivement. Même s’il le faut, les deux tiers du ministère seront radiés. Totalement radiés. Il n’y a rien à faire. C’est une procédure de poursuite judiciaire, parce qu’il faut qu’on en finisse avec ce phénomène. C’est parce que les sanctions ne courent pas. Quand vous voyez la pyramide, c’est extrêmement difficile de découvrir cela. Il fallait avoir le professionnalisme de ce cabinet dans lequel vous avez des magistrats, des avocats… Et quand vous dites que vous faites de forage et que vous allez où se trouve votre matériel de travail, vous ne voyez rien. C’est des entreprises en poche. Et ils sont un grand monde, que ce soit au ministère de l’Energie, dans les autres ministères, ils seront tous balayés. Tous ! Il faut tout reconstituer. Si on ne tient pas les taureaux par les cornes, on n’en finira pas avec ce fléau. Parce que, si on ne finit pas avec la corruption, on ne va pas trouver une issue à l’éradication de la pauvreté. Ce n’est pas possible ».

 Transcription : Marcus Koudjènoumè