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Le président Yayi foule aux pieds les acquis de la Conférence nationale

Il y a 25 ans qu’intervenait à l’hôtel Accor Plm Alédjo de Cotonou, l’ouverture de la Conférence nationale des forces vives du Bénin. Une rencontre historique et décisive qui a donné naissance au renouveau démocratique, basé sur le multipartisme intégral, le respect des droits fondamentaux de l’homme, des libertés publiques, de la dignité de la personne humaine et de la justice. A l’anniversaire du premier quart de siècle de cette Conférence nationale, il est établi que son contenu est vidé sous les régimes du Changement et de la Refondation.

Au lendemain de la Conférence nationale, « nous, peuple béninois, affirmons solennellement notre détermination par la présente constitution de créer un Etat de droit, de démocratie pluraliste, où les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois, tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle ». Cette partie du préambule de la Constitution du 11 décembre 1990, résume à elle seule, tout le contenu et l’esprit de cette rencontre historique. A partir de cet instant, chaque acte que doivent poser les dirigeants du pays, doit s’inscrire résolument dans cette dynamique et dans cet esprit. Les acteurs et artisans de la Conférence nationale et les observateurs avertis de la vie publique s’accordent à reconnaître au premier point que les différents régimes depuis 1991, ont fait des efforts de maintenir en équilibre les principes fondamentaux qui fondent la démocratie et l’Etat de droit. Seulement, une nuance générale se dégage et accable l’exercice du pouvoir du président Yayi Boni. En effet, beaucoup, à l’instar du professeur Bellarmin Codo, enseignant d’histoire à l’Université d’Abomey-Calavi, regrettent que 25 ans après, et surtout ces cinq dernières années, le Bénin soit tombé aussi bas qu’il ne l’était avant la Conférence de février 1990. L’argumentaire qui aboutit à une telle conclusion, puise ses racines dans les résolutions de la Conférence nationale, à travers la motion sur les droits de l’homme, la motion sur l’instauration du renouveau démocratique, par la voie pacifique et la motion sur la moralisation de la vie publique qui fait allusion à la lutte contre la corruption.

 Origine de la conférence nationale

 Beaucoup prennent pour repère de la Conférence nationale, la session spéciale des organes de la Révolution des 06 et 07 décembre 1989. Elle n’a été que le couronnement d’un long processus conduit par Me Robert Dossou, enseignant au département de droit à l’Université nationale du Bénin à l’époque. Mais avant l’activisme de l’avocat, le peuple exprimait sa volonté à finir avec le Marxisme Léninisme. Cela s’est traduit par une situation sociopolitique tendue aux conséquences regrettables sur l’administration publique, l’économie nationale et le système éducatif. Ces manifestations traduisent les aspirations du peuple béninois, au pluralisme et au libéralisme économique. C’est dans ce contexte, que Me Robert Dossou et son ami, René Ahouansou, se font recevoir le 28 juillet 1989 par le président Mathieu Kérékou. La rencontre fut longue. Robert Dossou parle de deux heures d’échanges. A leur sortie d’audience, ils accordent une interview à l’unique chaîne de radio nationale dont les productions étaient souvent sous censures du ministre de l’information. Les propos recueillis par Clément Houénontin, (paix à son âme) véhiculaient un message trop fort pour être diffusés. L’Ortb décide de garder l’élément et attend une éventuelle directive. Celle-ci n’intervient pas. C’est alors que la rédaction de l’Ortb diffuse l’information 48 heures après l’enregistrement. En réalité, le président Kérékou était favorable au contenu de cet entretien de Me Robert Dossou et de René Ahouansou avec la presse. En résumé, les trois personnalités Mathieu Kérékou, Robert Dossou et René Ahouansou s’étaient convenus de la tenue de la Conférence. C’est dans l’ordre normal des choses que le président Kérékou, un peu comme pour lui permettre de mettre en œuvre les idéaux dont il était porteur, a fait de Me Robert Dossou, dans la nuit du 04 au 05 août 1989, ministre délégué, chargé de la Planification et de la statistique. Entre août et novembre 1989, Robert Dossou s’est attelé à convaincre Kérékou sur le bien-fondé de la Conférence nationale. Au lendemain de la session spéciale conjointe des organes de la Révolution, Robert Dossou est nommé président du Comité national préparatoire de la Conférence nationale. Le déclic pour la convocation de la session des 06 et 07 décembre 1989 qui a abouti à l’organisation et à la tenue de la Conférence nationale est parti de l’audience et de l’interview de Robert Dossou du 28 juillet 1989. Donc, à César, ce qui est à César…

 Jean-Claude Kouagou