Spread the love

revisionBeaucoup ne l’ont pas perçu. Le chef de l’Etat a subtilement évoqué le débat sur la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Comment ? Dans son discours sur l’état de la Nation, il a fait cas d’une situation qui défavorise le pays à cause de l’inexistence de la Cour des comptes. Selon le président de la République, les partenaires au développement sont de plus en plus exigeants sur un tel dispositif qui, malheureusement, ne peut être mis en place par un simple décret présidentiel. Yayi Boni qui tient à cette affaire aurait dû atteindre son but s’il lui était permis de prendre son stylo pour concocter, seul dans son bureau, la création et les attributions de la Cour des comptes. Hier, comme il en a l’habitude, il a montré aux députés qu’il s’agit d’un handicap majeur à la bonne gouvernance. Derrière cette image qu’il présente, se cache toujours une idée, sinon un ancien rêve qui lui est cher : la révision de la Constitution. Depuis toujours, le chef de l’Etat évoque la révision de la constitution sous le couvert d’un réformiste qui n’attend que la Cour des comptes pour faire des bons considérables sur le plan de la bonne gouvernance. Mais, son projet de réformes constitutionnelles opportunistes auquel il a porté le masque de la constitutionnalisation de la Céna et, surtout, de la création de la Cour des comptes, regorge de pièges et d’intentions inavouées pour sauter les verrous de la Constitution afin qu’il se représente à la Magistrature suprême en 2016. Et pourtant, à deux reprises déjà, la Cour constitutionnelle a définitivement plombé la révision, telle que l’envisageait Yayi Boni. En conséquence, les espoirs d’aboutir à la création de cette Cour, sous le régime actuel, se sont envolés. Mais, l’obsession du chef de l’Etat est loin de disparaître.

 F.N.