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Yayi alternance
Yayi Boni à la recherche d’un bain de foule

Le congrès des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) n’est qu’une occasion pour que l’ex-chef de l’Etat, Yayi Boni fasse une apparition en public. En effet, au lendemain de son départ de la présidence de la République, l’ancien homme fort du Bénin qui souffrait de la bougeotte et était nostalgique à l’image de l’ancien président tunisien Ben Ali Bourguiba, s’était lancé dans des missions de bons auspices de l’Union africaine. Sous le couvert de l’institution panafricaine, Yayi Boni avait supervisé quelques pays sur le continent. On se souvient encore de ce que le président Yayi Boni se pavanait à l’intérieur du pays, au point de continuer par visiter des chantiers d’Etat en cours d’exécution, comme s’il était encore en fonction. Le plus grand souvenir fut sa descente inopportune sur le chantier de l’aéroport de Tourou dans la commune de Parakou. Il n’en fallait pas plus pour faire monter l’adrénaline à l’ancien ministre des infrastructures et des transports, Hervé Hêhomey qui, sans langue de bois, fustigea l’attitude de l’ancien président en des termes désobligeants. Depuis lors, Yayi Boni a disparu de la scène publique. Mais comme si quelque chose le démangeait, l’ancien locataire de la Marina, sous le couvert du congrès des Fcbe, veut jouer au western comme dans un film dont le titre serait « Et revoici Yayi Boni ! » A la réalité, considérant les nombreuses défections des partis au sein de l’alliance politique Fcbe, considérant d’autre part, l’absence de nombreuses personnalités au congrès de demain, il est clair que ce ne sont que quelques fretins encore à la solde de l’ancien tyran qui créent un cadre pour qu’apparaisse en public le régent qui a failli aider le Bénin à toucher le fond. Mais au-delà de cette apparition en public, quel message délivrera l’ancien président de la République ? Quel sera le ton ? Sur quoi surfera-t-il ? Autant d’interrogations que la tenue du congrès permettra de répondre. Mais, si c’est juste pour reprendre le discours sclérosé du jeune président du Plp, Léonce Houngbadji, alors, Yayi Boni aura en toute franchise raté sa sortie qui tient lieu de rentrée politique à l’avant-veille des législatives de 2019. Savonner la gouvernance Talon n’est plus un sujet pour un congrès des Fcbe. Car, le Chef de l’Etat et les membres de son gouvernement ont déjà pris la mesure de la question et s’activent à baisser la tension sociale. En témoignent les rencontres d’une part avec les centrales syndicales et d’autre part avec le clergé catholique béninois. Ainsi donc, le congrès de demain samedi 10 février 2018 serait inopportun s’il doit de façon classique se cramponner à « l’analyse de la situation socio-politique, et de regard sur les réalisations sous le régime de la Rupture ». Les Béninois attendent mieux de ce congrès s’il doit entrer dans l’histoire.

Jean-Claude Kouagou