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Lionel-ZinssouLa mouvance présidentielle n’est plus unie comme cela avait souvent été le cas par le passé. Les partisans du régime en place ne parlent plus le même langage depuis quelques semaines. A l’origine, la candidature de Lionel Zinsou, premier ministre du Gouvernement, intervenue à l’improviste.
Dans la rue, le choix de Yayi Boni pour l’élection présidentielle de 2016 est diversement apprécié. L’opinion publique est divisée sur son choix. La grogne est persistante et des déclarations publiques sont faites pour dire « non » à cette candidature. En plus de ceux qui grognent dans le silence mais qui n’osent pas lever le ton à cause de leur appartenance à la famille présidentielle, il y en a qui sortent déjà la tête. Nous avons suivi le week-end écoulé les différents évènements avec la contestation affichée des jeunes Fcbe de Lokossa et  la sortie médiatique des militants à la base de François Abiola dans l’Ouémé. Lionel Zinsou qui a déclaré, il y a quelques semaines sur la télévision nationale, qu’il ne veut pas être candidat dans la division, semble ne pas entendre les réactions que suscite son choix par le chef de l’Etat.  La plupart des personnes interrogées dans les rues de Cotonou ne sont pas d’accord avec la « dictature» du Président de la République. « En 2006, quand le Président Mathieu Kérékou partait, il n’a désigné personne pour lui succéder. Il a fait preuve de sagesse. On ne sait pas pourquoi Yayi Boni a voulu nous imposer un successeur. Il n’a qu’à faire comme son prédécesseur en laissant le peuple choisir… », s’est indigné un acteur de la société civile qui a requis l’anonymat. Pour lui, Lionel Zinsou aurait levé le doigt lui-même pour vouloir être chef d’Etat et le problème ne se poserait pas. Le peuple saura lui faire face et lui poser de vraies questions. Mais le fait que cela soit un candidat imposé, cela constitue, d’après lui, « une insulte » aux Béninois et à la famille politique du chef de l’Etat.  Avec les conducteurs de taxi-moto « Zémidjans », c’est la colère chez la plupart. Nous n’avons pas oublié le discours d’adieu du Roi Gbêhanzin », a déclaré Tanguy D. à notre micro hier. Il a été soutenu par Arsène T, un autre conducteur de taxi moto : « C’est faux ! Yovo ne peut pas être président dans ce pays. On l’a amené, il y a six mois seulement. Il est venu en emballage. Il ne peut pas être président. Cela ne marchera pas. On n’a pas oublié Zinsou takouè dans ce pays…On a déjà vu des gestionnaires à la tête de ce pays. On n’en veut plus…Personne ne votera le candidat de Yayi Boni. Nous avons souffert avec son mandat. Il y a eu les affaires Icc, Cen-sad et Ppea II….On ne veut pas du candidat de Yayi. Les blancs ne doivent rien nous imposer. Pour Miche B, « notre président a une habitude. A chaque élection, depuis un moment, il fait de mauvais positionnements. Lors des législatives, il a positionné son fils et son beau-frère à Cotonou. Cela a valu un échec à la liste Fcbe. Pour l’élection du président de l’Assemblée nationale, il a aussi imposé Koutché et la mouvance a perdu. Le voilà encore qui positionne Zinsou contre la volonté des gens. Cela ne marchera pas. C’est une erreur de positionnement ».
Des gens sont d’accord
Jean-Marie Gnancadja, enseignant, questionné a plutôt salué cette candidature de Lionel Zinsou. « Zinsou est un choix intelligent. Il a été citoyen français. Comme il est Béninois aussi, je vois qu’il est présidentiable. La Constitution  n’interdit pas à ceux qui sont des Béninois nés à l’étranger d’être candidat. Il est vrai qu’il ne connait pas les réalités béninoises…..Avec le temps, il va s’adapter. Yayi Boni était au Togo. Mais il a été élu. Si Yayi amène quelqu’un qu’il trouve capable de bien diriger le Bénin, il n’y a pas d’inconvénients à cela ». Dominique F ne dira pas le contraire : « Je dis que s’il est élu, nous serons mieux lotis, nous les zémidjans. Il a envoyé notre chef parc en Inde et à son retour, nous allons démarrer de bonnes choses….Les Blancs ont leur manière de bien gérer et vous verrez que la gestion de Zinsou sera différente….On peut conclure que les Noirs ont échoué et il nous faut UN Blanc… »  Sur les réseaux sociaux, la grogne est plus grande. Des personnes expriment à visage découvert leur mécontentement face à cet état de choses. Il y en a qui sont allés jusqu’à mesurer la distance entre Lionel Zinsou et le bas-peuple. « Il est Béninois, personne ne conteste cela. Mais lui-même n’a qu’à voir la couleur de sa peau et voir s’il est vraiment proche du peuple », a posté un internaute.

F.F