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Les efforts de l’unité de coordination de Prpss dirigée par Alphonse Akpamoli portent leurs fruits

 Beaucoup de progrès ont été réalisés dans les formations sanitaires depuis la mise en œuvre du Programme de renforcement de la performance du système de santé (Prpss) au Bénin. Dans les zones sanitaires sous financement de la Banque mondiale, de bonnes pratiques sont observées avec pour corollaire l’amélioration qualitative des soins administrés aux populations.

Des changements de pratiques des agents dans les formations sanitaires béninoises. Ce n’est pas une utopie, mais une réalité. Ceci grâce au Financement basé sur les résultats (Fbr). Dans les 8 zones sanitaires sous financement de la Banque mondiale à savoir Banikoara, Kouandé-Ouassa-Péhunco-Kérou, Covè-Zangnanado-Ouinhi, Bohicon-Zakpota-Zakpota-Zogbodomey, Lokossa-Athiémé, Adjohoun-Bonou-Dangbo, Porto-Novo-Aguégués-Sèmè-Podji, Ouidah-Kpomassè-Tori-Bossito, la mise en œuvre du Fbr a entraîné des changements de comportements positifs au grand bonheur des populations. Selon le Vérificateur additionnel de la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (Abd), Jubilé Djakpo, « tout a changé en matière de supports d’informations sur les patients, ce qui n’était pas le cas avant l’avènement du Fbr » avec l’Exécution du Programme de renforcement de la performance du système de santé (Prpss). En effet, lesdits supports pour la plupart, sont désormais bien remplis conformément à la quantité et à la qualité des prestations offertes aux populations. Mieux, un patient peut être retrouvé dans la communauté des mois après l’administration de soins parce que les informations le concernant ont été inscrites dans la base de données de la formation sanitaire. A titre illustratif, un citoyen diagnostiqué malade du virus de Lassa peut être retrouvé dans la communauté afin que des dispositions soient prises pour son suivi et faire face facilement à ce genre de crise dans les 8 zones sanitaires prises en compte par la Banque mondiale. Ce qui n’était pas le cas au démarrage.

 Un système de vérification axé sur la triangulation

 La fiabilité des informations fournies sur les prestations fournies dans les formations sanitaires est désormais vérifiée à plusieurs niveaux avec la mise en œuvre du Financement basé sur les résultats (Fbr). Grâce au système de triangulation institué, il n’est plus question de se baser sur un seul support pour la validation. Les recoupages sont faits avec au moins sur deux supports. A titre d’exemple, la validation d’une prestation comme la vaccination, est subordonnée à une vérification préalable de la carte de l’enfant vacciné. L’exercice peut conduire jusque dans le registre, tout comme dans le stock des vaccins et la fiche de pointage journalier qui indique le nombre de vaccins sortis le jour où l’enfant a été vacciné. Quoique meilleure, cette méthodologie de confirmation adoptée au niveau où interviennent les Observateurs additionnels, n’est pas à 100% fiable. « C’est pour tendre vers un peu plus de fiabilité », confie Jubilé Djakpo.

S’agissant du second niveau de vérification où interviennent les Organisations à base communautaire (Obc), ce sont les associations et Ong locales indépendantes des Vérificateurs additionnels, qui sont déployées sur le terrain. Il leur est fourni les informations sur les prestations offertes aux clients dans les formations sanitaires. En descendant dans la communauté munis d’ordre de mission, ces enquêteurs sont à la recherche de quatre informations. D’abord, ils confirment ou infirment l’existence des patients déclarés dans les rapports des centres de santé qui ont contracté avec le Prpss. Ensuite, le passage des malades dans les formations sanitaires tel que notifié par les agents de santé. Puis le bénéfice ou non de la prestation déclarée. Enfin, l’appréciation que les patients ont de la prestation (le temps d’attente, la qualité de l’accueil etc.). Une fois ce travail terminé, les Obc produisent leur rapport qu’ils transmettent à l’Unité de coordination du programme (Ucp). Cette dernière apprécie la qualité des soins offerts dans le centre de santé concerné. S’il y a des sanctions à prendre, elle les prend. Les sanctions sont graduelles. Par exemple, si des clients fictifs ou des prestations non faites sont déclarés, les formations sanitaires peuvent voir leurs subsides abattus de 25% pour une première fois. Pour une 2ème fois, l’abattement passe à 50%. La 3ème et dernière fois, le responsable du centre de santé fautif est présenté à un comité présidé par l’autorité de tutelle qu’est le ministre de la Santé pour répondre de ses actes. A ce propos, il faut souligner que des mesures correctionnelles telles que l’extraction du centre de santé fautif du Fbr et des sanctions administratives selon les responsabilités, peuvent être prises.

 Les patients soulagés par l’entrain au travail

 En fonction de la qualité et de la quantité des prestations offertes, des primes sont octroyées par l’Ucp aux formations sanitaires par trimestre. Lesdits subsides ne sont pas figés. Ils peuvent varier d’un trimestre à l’autre. C’est une source de motivation pour les agents des formations sanitaires, ont révélé Charles Agossou, membre du personnel administratif de l’hôpital de zone Adjohoun-Bonou-Dangbo et Yasmine Mouckaïla, Sage-femme. En période de pluie par exemple, beaucoup de consultations liées aux maladies diarrhéiques et au paludisme sont faites. Elles influent sur les résultats du centre à la fin du mois et du trimestre. Il en est de même pour les campagnes liées à la planification familiale. La prime à laquelle la formation sanitaire a droit est déterminée sur la base du score quantité mensuel et des résultats qualitatifs trimestriels. Après la motivation du personnel, une partie du subside gagné par la formation sanitaire est orienté vers l’assainissement de l’environnement hospitalier et si possible l’acquisition de quelques outils de travail. A noter que les résultats quantitatifs sont compilés de façon mensuelle et ceux qualitatifs par trimestre.

 La présence au poste désormais une réalité

 Parmi les supports de documentation sur lesquels l’Ucp se base pour attribuer les subventions aux centres de santé des 8 zones sanitaires, figure le cahier de présence au poste des agents de santé. Il permet de suivre la présence des agents de santé à leur lieu de travail et de leur payer en conséquence la prime. Par exemple, aucune prestation d’accouchement n’est validée si la preuve de la présence au poste de l’agent assermenté (Sage-femme) n’est pas fournie. La conséquence directe de cette mesure, selon Jubilé Djakpo, est la présence permanente au poste des sages-femmes dans presque toutes les 36 formations sanitaires constituant la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (Abd) même si, regrette-t-il, « il n’y a pas toutes les données pour apprécier le taux d’accouchement fait par les agents qualifiés ». Quant aux prestations qui ne sont pas assurées par des agents qualifiés, elles ne sont pas achetées et sont du coup invalidées.

Les plans de passation des marchés, une réalité dans les formations

Le Prpss a, à cœur l’amélioration des conditions de vie et de travail des personnels de santé. Ainsi, des séances de renforcement de capacités ont été organisées à l’endroit de chacune des formations sanitaires constituant les 8 zones sanitaires sur la gestion axée sur les résultats pour l’état des lieux des besoins de façon objective et sur les plans de passation des marchés. Le renforcement en personnel qualifié est aussi une réalité avec le Fbr. Le Prpss a recruté des médecins (pédiatres, gynécologues) pour appuyer les équipes des hôpitaux de zones afin de relever les offres de soins dans les formations sanitaires. Cet effort participe au renforcement de capacités des agents, infirmiers et sages-femmes dans les centres de santé périphériques des zones sanitaires car les médecins à l’échelon central font des retours sur la qualité de la prise en charge avant la référence vers l’hôpital de zone.

 Serge Adanlao