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massé Une voix qui véhicule des messages sur les faits de la vie trempée dans une vague de mélodies. C’est la manière par laquelle les artistes qui font le rythme Massègohoun sensibilisent les populations. Et cela devient plus intéressant quand la castagnette résonne au son du gong qui donne avec la grosse caisse le « Agba ». On danse, on oublie les soucis, mais au fond, on éduque. C’était sur l’inspiration de Yédénou Adjahoui, un artiste originaire de Porto-Novo qui a marqué les esprits dans les années 1960. Dossou Lètritki, Jean Nouveauté et Amagnon lui ont emboité les pas par la suite. De nos jours, une nouvelle génération a vu le jour avec Tchégnon, Bernardin Nougbozoukou, Kalifié et bien d’autres. Le Massègohoun, autrefois adulé, suscite  un certain désintérêt au sein de la jeunesse. Certains ne connaissent ni le rythme ni la danse Massègohoun. Ils confondent parfois même le nom des artistes. C’est le cas de Gilbert, étudiant à Cotonou. « C’est une danse. J’entends parler de cela. Je connais Gbèzé, Alévi, Adjahoui », confie-t-il. Sabin, un natif de Porto-Novo est dans la même situation. « Je n’en ai jamais entendu parler. Je suis de Porto-Novo. C’est la première fois que j’en entends parler », déclare-t-il. Désintérêt ou ignorance, on ne saurait le dire. Mais il y en a tout de même qui s’accrochent à ce rythme. Flavien est un artiste, actuellement en studio. Il prépare la sortie d’un album purement Massègohoun. Pour lui, le Massègohoun est une richesse musicale. Pour mieux le valoriser, Jean Adagbénon a sorti le Massgo, un rythme qui tire sa source du Massègohoun. Si rien n’est fait dans les années à venir, le Massègohoun risque de disparaître.
 
Boris Koumagnon